Ascension du mont Roraima

23 juillet 2017

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Le jour de l’ascension a sonné, ils chargent la nourriture et nos sacs sur le toit de monstres tout terrains qui vont nous amener à Paratepuys (pas sûr de l’orthographe…) un petit village pour un grand départ.

7 ou 8 groupes vont partir faire ce trek aujourd’hui, le mien comporte seulement 3 nationalités, un seul vénézuélien, 6 brésiliens et ma tronche de français…

Le temps est très changeant, avec le mont Roraima en face, on a l’impression qu’il ne fait pas beau, pourtant le reste du ciel est bleu, il doit aimanter les nuages.

Ci-dessous, une des porteuses (nourriture et matériels pour cuisiner), qui n’est d’autre que l’une des fille du guide, elle doit avoir 15 ans, mais ne se plaint jamais.

Arrivés sur le premier camp, les tentes sont montées en un éclaire, et notre diner fume déjà

Au petit matin on peut enfin apercevoir notre « but » dégagé

Après un petit-déjeuner rapide, nous reprenons la route, le deuxième camp doit être atteint avant la nuit

Je ne sais pas si c’est mon groupe qui est trop lent, ou moi qui suis trop rapide, mais les distances se creusent, je suis devant, bien devant, de toutes façons la route est tracée on ne risque pas de se perdre.

Deux traversées de rivière plus tard, le mont, ou plutôt le mûr me fait face, c’est assez impressionnant

J’attendrais 2h sur place le temps que le reste du groupe arrive.

Le jour J est arrivé, celui de la vraie ascension, il va falloir grimper ce mûr de géants

Pour cela il faut suivre « la Rampa » un parcours 1,5km sur pratiquement 1km de dénivelé, oui c’est raide !
On nous annonce entre 5 et 6h de marche, ne pas oublier que nous avons des sacs de 8/10Kg sur le dos.
Je touche la bête, comme on ferait avec une monture avant de l’enfourcher, pour la rassurer, lui faire comprendre que je ne lui veux aucun mal, qu’elle reste calme et sereine pendant la montée.

S’en suit un chemin chaotique, avec de mini-chutes d’eau, des petites pierres rondes qui glissent sous les pieds, des escaliers naturels qui n’ont rien de symétriques, avec des marches qui oscillent entre 10cm et 1m10…
Je ne regarde pas derrière moi, mais je ne passe personne, suis-je en tête de file ? Nous sommes pourtant une soixantaines à monter, plus les guides et porteurs.
Je ne pense pas trop, et garde le rythme, c’est un challenge, en tous cas c’est comme ça que je le prends.

Et j’atteins le sommet en …1h45, devant tout le monde, bien devant. Je dois attendre 2 bonnes heures avant d'apercevoir l’ombre de la première âme. Seulement à plus ou moins 2000m d’altitude, la tête dans les nuage (au sens propre !) la chaleur corporelle commence à faire défaut.

Je profite de ma solitude pour me délecter de cette « victoire » (si, si) mais surtout d’avoir la chance d'être au sommet de ce mythique rocher, je le dompte, il m’appartient, juste à moi, pour encore quelques instants.

Sur mon nouveau territoire je profite de la vue dégagée, pas par les nuages, mais par les bipèdes, aussi appelés humains.

Le moment se termine, je peux apercevoir quelques minuscules points de couleurs se déplacer entre mes jambes pendues dans le vide.
Il va falloir partager ce domaine, cette vue, et ce silence qui va bientôt mourir.

En générale la solitude est peu appréciée, presque dénigrée, pour moi, c’est de l’or, une rareté qui me ferait déplacer des montagnes, un trésor que seul les yeux d’experts peuvent reconnaitre, un peu comme une œuvre d’art.

La roche me prévient, c’est fini, elle laisse glisser de petites pierres, leur cliquetis sonne le glas.
Malgré le poids en plus, ce sont les porteurs qui arrivent en tête de file,

avec pour seuls couvre-pieds de pauvres imitations Crocs, en fait ce sont eux les vrais « Vainqueurs », avec tout leur barda et ces pauvres morceaux de caoutchouc au bout de leur pieds, ils ont bien plus de mérite.

Bien que la -populace- soit arrivée, mon groupe est loin d’être au complet, en fait nous finirons dernier… Et cela a son importance, car là haut la place est limité, pour camper, des « hôtels » (lieux repérés et désignés par les guides pour cuisiner et poser nos tentes) sont dispersés au sommet, selon l’heure d’arrivée la qualité des lieux passent du top (vue, protection du vent, courte distance, etc.) à médiocre (zéro vue, vent à mourir de froid, une demi-heure de marche en plus, bref, super…)
Voici notre hôtel :

Cuisine :

Chambres :

La nuit fût froide, mais heureusement pas mortellement froide

Après le petit-déjeuner, les mains frigorifiées nous entamons la découverte du tepuy (c’est comme ça que cela se nomme)

Un peu comme si nous avions atterri sur une autre planète, nous découvrons ce nouveau monde, nos pas déambulent gaiment sur ce terrain lunaire

Il est possible de nager dans ce trou, l’eau frôle le 0, mais il y a bel et bien un chemin, et certain tente la baignade

Puis nous partons vers le point frontière, un point triple en fait, il délimite les frontières du Brésil, du Vénézuéla et du Guyana.
Seulement en route, les groupes se joignent, on atteint une file indienne de presque 1km, ça me gonfle…
– « Je peux partir devant ? »
– « Mais tu ne sais pas où c’est  »
– « Donnes moi la direction, je me démerde »
Il tend son bras vers l’horizon, j’en prends bonne note, et accélère le pas.
Je sais, je suis un sauvage, mais j’ai « signé » pour un groupe de 8 pas de 60 ! La proximité, surtout dans des lieux pareils, me met mal à l’aise, m’irrite, pire, me transforme en gros con, tant pis, au moins je le sais.

J’y suis, et malgré l’air sérieux que je prends sur la photo, je suis très heureux d’être là …seul.
À cette altitude le soleil m’a brulé la gueule, mais je ne lui en veux pas, j’aurais fait pareil à sa place, surtout sur un con pareil…

Un peu plus tard (beaucoup en fait) mon groupe se retrouve, presque, au complet, alors : Photo !

Sur le retour nous passons par la vallée de cristaux, ils sont des milliers, là béant devant nos yeux :

Mais la nature « vivante » est aussi bien présente, voici des plantes …carnivores, si je m’attendais…

Un tas de fleurs endémiques :

Mais le clou du spectacle, c’est cette grenouille :

Elle porte le nom d’Anomaloglossus Roraima, oui elle est aussi endémique

Je vous mets une bonne séries, parce-qu’elle m’a fasciné, et que fait un photographe quand il est fasciné ?

Il est temps de retourner dans ta flaque

Et nous à notre camp, pour la dernière nuit au sommet

Le retour s’annonce, je ne vais pas vous le décrire, c’est pareil que l’aller, sauf que comme descendre est plus rapide que monter, on ne passera pas la nuit au deuxième camp, nous irons directement au premier.

Et nous re-voilà au point de départ, 6 jours de passés à vitesse grand V

Même si je n’ai pas été « époustouflé » par les paysages, le trekking en lui même était passionnant, vivifiant, et je suis absolument ravis de l’avoir fait (à conseiller !).
Pour le dernier repas et pour fêter ça, notre guide nous propose Fanta et Sprite (que je décline gentiment pour de l’eau) sauf que je n’avais pas compris de suite, car ici Fanta se nomme Frescolita et Sprite, rien de moins que …Chinotto !

Nous rentrons à Santa Elena, c’est l’heure du massage promis par l’agence, et surtout, bien mérité.

 

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10 réponses à “Ascension du mont Roraima”

  1. pralinette Dit :

    J’ai adoré ton billet, merci merci pour cette petite escapade!
    Comme je te comprends pour la solitude, a fortiori dans des lieux pareils…
    T’aurais dû leur dire que t’étais veggy, ils auraient encore plus halluciné sur ta perf et ça les aurait peut-êtte fait réfléchir hihi :p

    Répondre

    • Sandro Dit :

      Merci !
      Oh t’inquiètes, ils savaient que je j’étais végé, n’oublies pas que les repas étaient inclus, d’ailleurs je leur ai bien cassé les bonbons avec ça…

      Répondre

  2. Charles Dit :

    Tu as déjà vu le film « up » de pixar ? Ca ressemble à ça si on avait un drone tu crois ? https://www.youtube.com/watch?v=HYwvgK9OvNs

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  3. cathy Dit :

    belle ascension….c’ est quand meme tres interessant la faune et la flore au sommet:)

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  4. Nadja Dit :

    Très jolies photos !

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  5. Ange Dit :

    Coucou !
    Tu prends vraiment des photos magnifiques !! Tu as quel appareil maintenant ? Toujours le vieux Canon S95, ou il a finalement passé l’arme à gauche ? ça m’intéresserait vraiment de savoir avoir quoi tu photographies !! Tu veux pas faire un poste dessus / sur ta retouche photo (si tu en fais) ?
    Plein de gros bisous, et continue de nous faire rêver !!
    Ange

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    • Sandro Dit :

      Hello,
      j’ai toujours le S95, mais toujours le 7D (qui était en ma possession avant le S95), la description de mon matériel photo est sur la page « À propos »
      Je ne fais pas trop de « retouche » genre Photoshop, mais j’améliore le tirage avec Lightroom (je ne sais pas si tu connais), voili, voilou,

      Merci pour ton commentaire,
      Amicalement.

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