Boa Vista, changement de cap

14 juillet 2017

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Retour au Brésil, en plus d’avoir une frontière en commun, ils ont aussi ce truc bien français (si, si) d’être très souvent grève. Jusqu’à maintenant, cela ne m’avait pas particulièrement touché, mais aujourd’hui ce sont les banques, et ça fait déjà quelques semaines.

– « La grève a-t-elle une date de fin ? »
– « Dieu seul le sait »
Super… Je patiente quelques jours, mais à Boa Vista pas grand chose à voir, ou à faire (surtout sans argent…)

Bon oui, il y a quelques églises sympas, dont celle-ce qui « flash » bien

Il y a aussi une -vraie- clinique de cardiologie qui en jette niveau architecture, ne donnant pas l’image sérieuse qu’elle devrait, mais qui sait ? Ils font peut-être du très bon boulot avec des fenêtre en forme de cœur…

Puis il y a le Rio Branco…

…avec en face, si vous avez quelques Reals pour traverser, une plage qui donne vraiment envie…

Voilà, j’ai fait le tour, ça fait déjà 3 jours et rien n’a évolué à la banque, tant pis je vais devoir aller dans un bureau de change avec commission et taux désavantageux, pas d’autres choix si je ne veux pas passer ma vie ici.
Une fois ma liberté en poche, je repense au Venezuela… Merde je suis à peine à 200km de la frontière, quel dommage de ne pas franchir cette curiosité par …peur. Les nouvelles ne sont pas bonnes, la sécurité est à son plus bas, tous les signes me disent de continuer vers le Sud et d’oublier ce pays mais …je n’y arrive pas.

Et si j’y allais en groupe ? Je sais, ce n’est pas mon habitude, mais cela serait mieux que rien, non ? Je me convaincs d’aller voir quelques agences, il y en a pas mal ici, beaucoup de brésiliens désir visiter ce pays si proche.
Mais les prix sont affolant, on me propose des 6 jours de trekking au mont Roraima pour ….1000US$ !!!
– « Oui, mais nous avons des guides certifiés »
– « Et sans guides ? »
– « On ne fait pas… »
– « Mais ce sont des groupes de combien ? »
– « 8 ou 10 »
– « Ça fait 8 à 10 milles dollars pour 6 jours ! Ne me dites pas que c’est pour les guides ! »
– « Mais on a aussi de la très bonne nourriture, avec des fruits frais tous les jours, un cuisinier qui vous prépare des repas sur place »
Si elle savait ce que je m’en tape de son cuisinier et sa nourriture…
– « Oui, mais quand bien même, ça fait super cher pour un pays où le cout de la vie est bien inférieur à ici »
– « …la sécurité est un problème là bas, en partant avec nous, on vous assure que tout se passera sans problème »
– « Ha ! Vous avez des gardes armés aussi ?! »
– « Non, mais on connait bien les lieux, jamais ne s’est rien passé avec notre agence »
De toutes façons je n’ai pas ce budget, et elle m’a renforcé dans l’idée d’y aller par mes propre moyens. Oui je sais, c’est puéril, mais plus on me dit que ce n’est pas possible, et plus… bref, le lendemain je prenais, avec un nœud dans l’estomac, un bus pour la frontière vénézuélienne.
La dévaluation de leur monnaie est terrible, officiellement (si vous allez dans une banque) 1US$=10Bolivars, mais la vérité est très différente, le change dans la rue est obligatoire tellement la différence est énorme, il y a moins de 2 ans 1US$ valait 250 Bolivars ! Le matin en vérifiant sur internet, cela annonce 600 Bolivars pour 1US$ !
En arrivant à la station de bus j’ai mais deux petits sacs bien rempli, avec de la nourriture pour quelques jours, il parait que les supermarchés ont du mal à réapprovisionner, et mes dollars dans la poche, histoire d’être prêt à changer « sous la veste ». La station n’est pas collée à la frontière, il y a encore 2 ou 3 kilomètres à parcourir.
À peine descendu du bus un homme s’approche : « Cambio ! », je pensais attendre d’être de l’autre côté pour négocier le change. Je passe à côté, le balayant du bras, il me souffle « 850 Bolivars pour 1US$ », 850 !!!
Les informations du matin en tête, je ne peux pas laisser passer une affaire pareil, on va se poser près du mur, et on fait l’échange. Avec un tel taux de change j’opte pour 200US$, sans trop penser. Là il sort sa calculette, me montre le chiffre final, j’acquiesce encore une fois sans trop réfléchir, et là il sort un sac de sport, un gros sac de sport, et me temps des liasses énormes, le plus gros billet ne fait que 100 Bolivars, je n’ai plus de place, mes bras sont totalement remplis de billets, il en tombe au sol.
– « Euh, t’as pas un sac en plastique ? »
– « Non, je n’ai rien désolé »
Super…
Tous les regards se tournent vers moi, moi et mon tas de billets, bon ce n’est peut-être qu’une impression, mais c’est ce que mon côté parano me fait ressentir. Mais où je vais mettre tout ça ?! Débarrassons un peu de nourriture du sac pour caler quelques liasses, j’ai aussi de grandes poches sur mon short elles serviront de porte-feuille, putain j’ai 3km à marcher avec tout ce bardât, une vraie cible ambulante, et franchement je ne vois pas ce que je pourrais faire… Alors je prends l’air naturel, sort la poitrine et prends la direction du Vénézuéla
Ces photos ont été prises plus tard (je ne suis pas complètement dingue !) :

La frontière, un petit coup de tampon et hop, me voilà de l’autre côté.

La première ville, Santa Elena, est à 15km et …pas un bus ! Pas de transport en commun, alors je m’incruste avec deux brésiliens qui arrêtent une voiture au hasard et négocient un prix pour la course, c’est très correct, et puis c’est mieux que de rester ici, en plein soleil, où le rien a élu domicile.
En fait le change fait à la station de bus, avait le taux du jour, pas spécialement une affaire, juste normal, mais quelle inflation ! Je loue une chambre (basique) pour 2,5US$, et m’en vais découvrir combien coûte ici, ce trek proposé au Brésil. Après avoir fait le tour des agences, je tombe sur un deal qui me convient très bien, 6 jours de trek, tout compris, nourriture, transport, tentes, guide pour ? 150US$, soit 25US$ par jour, ce n’est pas donné, mais d’un c’est beaucoup moins que les 1000US$ proposé de l’autre côté de la frontière, et de deux, ils incluent la chambre au retour, avec un …massage !
Pour l’instant je ne ressens pas d’insécurité, pas du tout même, mais on me dit qu’ici c’est différent, c’est touristique et très proche du Brésil, le reste du pays est un autre monde.
Je reste dubitatif, mais cela reste dans un coin de la tête, aujourd’hui je suis au Vénézuéla, et demain nous partons pour 6 jours de découverte nature, nous allons explorer ce fameux mont Roraima !

P.S : Aucun rapport, mais pour tous ceux qui m’ont demandé « Pourquoi es-tu devenu végétalien ? » j’ai fait une vidéo réponse, et c’est ici : Pourquoi être passé à une alimentation végétale ?

 

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4 réponses à “Boa Vista, changement de cap”

  1. cathy Dit :

    ah ben voila…je suis sure que tout s’ est bien passe finalement,…non? :)

    Répondre

  2. Mes petits carnets de voyage Dit :

    Alors ce trek?

    En tout les cas merci beaucoup pour ce partage, d’un petit coin du monde.

    Répondre

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