La route de Macapa à Oiapoque

9 mars 2017

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Il fallait partir un peu plus tôt que prévu pour aller à l’aéroport de Belém, y aller trop tard « augmenterait les risques de vol et/ou agression » vu que la nuit serait tombée… Donc me voilà bien en avance pour mon dernier avion au Brésil, j’ai eu largement le temps de faire le tour du bâtiment, surtout qu’il n’est pas grand, parmi les surprises : Des bonbons à l’açaí !

Il est temps de monter à bord, et en un (presque) clin d'œil me voici à Macapa, pourquoi ici ? Parce-que c’est le plus loin que l’on peut atteindre en avion, et pourquoi ne pas voler directement en Guyane ? Pour deux raisons, la première est que si les vols nationaux sont à petits prix, les vols internationaux sont extrêmement chers, et oui, même si c’est un pays frontalier, la deuxième, c’est que j’aime bien traverser les frontières par la terre, on voit bien les différences, le changement se faire, surtout que cette route est mythique, 600Km dans la jungle, aujourd’hui à moitié goudronnée, mais quand même une aventure …vous allez voir.
Sur la parking de l’aéroport il faut joindre la station de bus qui est …je ne sais où. Il doit être 6h00 du matin, pas de bus, même pas de taxi, mais …une moto taxi laisse quelqu’un, je prends la relève, après une petite négociation nous voilà partis vers le dernier bus.
Aux guichets des grappes d’hommes s’entassent en désordre, je ne sais pas où demander.
– « Excusez-moi, pour aller à la frontière de la Guyane, c’est quel bus ? »
– « Ce guichet, mais il ne part pas avant ce soir »
– « Ce soir ?! »
– « Oui, vers 18h00 je pense, mais on peut aussi y aller en voiture tout-terrain, il y en a une qui part maintenant »
– « Euh, non ça va, je préfère le bus »
La jeep était bien plus chère, mais elle partait tout de suite, apparemment il y en a tout le temps, en plus il ne m’avait pas menti : Un seul bus, et c’est ce soir… Bon, autant dormir un peu entre temps, je me pose dans un des hôtel d’en face et attends sagement l’heure du départ.
La ville à atteindre se nomme Oiapoque (ou Oyapoque), elle est en bord de rivière de l’autre côté, la Guyane française, il me tarde de voir le contraste. Comme dit plus haut, 600Km nous séparent de la frontière, et plus de la moitié de cette route n’est que terre, ou boue (selon le temps), on m’annonce 11h de trajet, mais avec un petit bémol, il arrive que ce temps atteigne 48h (2 nuits !) quand les conditions sont mauvaises , ben on va croiser les doigts…
Mon sac est plein de provisions locales, il est temps de prendre cette dernière ligne droite (façon de parler).

Les kilomètres goudronnés sont rapidement avalés, mais très vite le bus patine, glisse, sursaute.
– « Tout le monde descend ! »
– « Quoi ? Pourquoi faire ? »
– « Le bus n’y arrive pas, on va essayer à vide »
Super… Nous voilà tous dans la gadoue pour monter à pieds la pente que notre cher véhicule n’arrive pas à franchir.

Vous pensez que ça va être bon maintenant, que le bus va tranquillement reprendre la route avec nous à bord ?
Non, non, non, à peine la première montée atteinte, il s'embourbera à nouveau, et à nouveau.
Seul un tractopelle pourra le sortir de son pétrin (et nous avec !)

Bon et maintenant, on continue ? Oui, on continue la mésaventure, car la suite est aussi cauchemardesque, la route n’est qu’un tas de boue béant, les camions s’y enfoncent et par la même bloquent la voie pour les autres.

Il faut à chaque fois attendre un tractopelle pour les sortir de là, mais les tractopelles ça ne court pas les rues ! En plus c’est hyper lent, parfois on attend deux, trois heures qu’il y en ai un qui veuille bien pointer son nez.

Le pire c’est que parfois en essayant d’aider, il s'embourbe aussi…

…et là il faut trouver un autre tractopelle pour libérer le premier tractopelle, beaucoup trop de « tractopelle » dans ces phrases, non ?

Bref, heureusement j’ai le temps, et je suis accompagné par une petite princesse qui ne perdra jamais le sourire…

…et qui me fera garder le mien.

Parfois la route disparait, littéralement, un trou se forme, et là qui on appelle ? Ben oui, le tractopelle magique.
2h pour arriver, plus une heure pour reconstruire la route, c’est vraiment un super voyage.

Sachant que c’est arrivé au moins 6 fois, vous voyez l’ambiance.

Mais à force de patience, nous arrivons à destination. Après, non pas 11, mais 32h ! Nous voici enfin à Oiapoque.
Bon autant vous le dire tout de suite, comme toutes les villes frontière, c’est moche… Je suis quand même très content d’être arrivé. Il est tard, je vais attendre le lendemain pour traverser.
Mon auberge est ce qu’on appelle communément « un trou à rat » mais c’est un prix correct, et après un trajet aussi confortable, croyez moi, il fait office d’un 5 étoiles.
Jour de départ, voici la ville sous le soleil, toujours aussi moche…

Allons faire tamponner notre sortie, et direction la rivière.

Au passage, une dernière açaí, je ne vais plus en déguster pendant un moment.

Les prix sont affichés en Real ET en Euros, ça fait bizarre.

De l’autre côté, la France.

Oui, il y a pont entre les deux pays, et oui, il est fini, mais non, on ne peut pas le prendre, pourquoi ? Je n’ai pas vraiment eu de réponse, mais on va dire que c’est « politique ».

L’arrivée est imminente, c’est presque irréel, je rentre en France en restant en Amérique du Sud, une sorte d’excitation inexpliquée monte en moi. (et comme d’hab. suite dans le prochain article)

 

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4 réponses à “La route de Macapa à Oiapoque”

  1. cathy Dit :

    ah…tu nous laisse sur notre faim…on attend la suite avec impatience…sacre trajet en bus…

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  2. Charles Dit :

    Moi j’ai l’impression que tu te plains, tu te plains mais finalement c’est le genre de road trip dont on se souvient longtemps :D (et dans lequel ça m’aurait fait marrer de pousser le tractopelle)

    D’ailleurs Sandro je me suis demandé : tu fais quoi depuis que t’es rentré ? Je te vois bien faire « guide » un peu extrême. Je sais pas si t’as regardé les dernières émissions de Mike Horn (avec Mickaël Youn et Matt Pokora) mais aussi contre-intuitif que ça puisse paraître, certains sont prêts à payer cher pour voyager de la manière la plus simple possible. Enfin bon tu dois savoir mieux que mieux !!

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    • Sandro Dit :

      Nan, mais je me plains façon française, c’est tout un état d’esprit :D

      Je ne regarde pas la TV, d’ailleurs je n’en possède pas, mais pourquoi pas, un jour, « les voyages AVEC Sandro » idée à creuser :p

      Répondre

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