Sainte-Lucie

16 mai 2017

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Mon idée était de remonter vers l’Amérique du Nord en passant d’île en île, et aujourd’hui mes sacs vont trainer sur Sainte-Lucie, pays que j’ai découvert 2h avant de prendre les billets d’avion, juste parce-que c’était sur le tracé de la carte.
Encore une fois c’est un Airbnb qui me sauvera d’un budget trop brulant, ce n’est pas tout près de l’aéroport, mais ici les transports en commun, même si un peu chaotiques, sont légions, il y en a tout le temps pour aller partout, suffit de savoir lequel va où…
Il faut marcher un gros kilomètre pour atteindre les premiers mini-bus, cela ne me surprend pas, ce qui m’étonne en revanche, c’est un cimetière un peu spécial à seulement 400m des avions qui décollent, un première, les corps sont directement enterrés dans …le sable.

Difficile de rentrer avec les sacs dans ce minuscule bus où 12 personnes se partagent déjà les sièges en faux cuir déchirés. Mais tout le monde se sert, et avec le sourire. Mon hôte m’avait prévenu « Tu t'arrêtes à la station d’essence, après tu prends la première à droite, tu montes jusqu’au croisement, et tu verras le bâtiment » je m'exécute et tombe sur …un hôtel. C’est bien la bonne adresse. Je sonne, le patron me demande de faire le tour par la petite barrière :
– « Excusez-moi, je ne suis pas sûr d’être au bon endroit, j’avais réservé un Airbnb et… »
– « Oui, oui, c’est bien ici ! » dit-il en me coupant net
– « Mais euh, vous êtes un hôtel ? »
– « Et oui… Le moins cher de l’île. Mais que voulez-vous, personne ne trouve mon établissement sur internet, alors je passe par Airbnb »
– « Ah ok, bon, ma chambre est prête ? »
– « Absolument ! Vous êtes tout en haut, seul, avec la meilleure vue, venez »
Et effectivement la vue est pas mal du tout

– « C’est vendredi aujourd’hui, ce soir au village là, juste en face, c’est soirée typique avec street food, alcool et musique »
Bon à part pour l’alcool ça me semble intéressant, mais avant que la nuit tombe allons faire un peu de réserve de nourriture au supermarché du coin.
Le soleil couché, je descends au village, et quelle surprise de voir tout ce monde, qui plus est, la majorité des visiteurs sont comme moi, touristes.

Ici pas 36 choix, de la viande, encore et toujours, grillée, au BBQ, frite, à la poêle, c’est à vous de choisir

Ensuite des mini-bars de fortunes où l’alcool est à l’honneur sont montés tous les 50m

La musique est aussi présente, mais rien très net, ce n’est pas un son unique, elles se confondent toutes dans un brouhaha des plus terrible, à celui qui a la plus grosse baffle. L’ambiance est assez sereine et bonne enfant, mais mon hôte m’a prévenu « Après minuit, les touristes rentre à leur hôtels, seule la musique et l’alcool restent, il n’est pas rare que cela finisse en rixe » bon de toute façon, je ne comptais pas y rester des heures.

Le lendemain après un peu de sport, je profite tranquillement de la petite terrasse pour apprécier la vue panoramique

Il est temps de découvrir l’île, côté Ouest :

Au Nord le fort Rodney :

Beaucoup de marche me permet de découvrir ce qui me plait le plus, les détails, comme sur cette route principale, à droite sur la photo, on peut voir que le terrain ressemble à un gruyère, des trous tous les 50cm

Et des hérons qui attendent devant, mais c’est quoi donc ?

Des crabes ! Des centaines, près des routes, ils sont énormes et sacs en plastique ou canettes vides ne les dérangent pas plus que ça.

Parfois sur un chemin, des noix de cajou

Au top des endroits les plus visités sont la Sulfur Springs (source d’eau chaude géante) et les Pitons, un grand et un petit. Le petit n’était pas ‘disponible’ il était fermé au public, trop glissant. En revanche le grand est ouvert, et pour la modique somme de 35$, vous avez le droit d’y monter…
– « 35$?! Mais c’est juste une petite montagne ! »
– « Oui, mais vous avez un guide avec vous »
– « Un guide ? Pourquoi on peut se perdre ? »
– « Bah pas vraiment, mais question de sécurité »
– « De sécurité ? C’est si long à monter ? »
– « Un peu plus de 2h »
– « Bon, et je suis obligé de prendre un guide ? »
– « Oui, et ça va avec le prix de l’entrée »
Super… Elle me présente le guide en question, qui a déjà monté ce piton au moins 500 fois dans sa vie.
– « Bonjour, c’est haut à monter ? »
– « En haut nous serons à 800m d’altitude, mais d’ici il y a moins de 200m à faire »
– « 2h pour 200m ? »
– « La pente est raide, alors même plus de 2h »
– « Ok. Tu marches vite ? Car j’ai l’habitude de marcher, alors ne me préserves pas »
– « Oui, oui, je marche très vite, j’ai une forme olympique, allons-y gaiement ! »
– « Je te suis »

Le chemin est bien tracé, des milliers de chaussures ont dû passer par là.

Dès qu’on prend un peu de hauteur, la côte nous offre ses plus belles couleurs

Sur le chemin, il deux ‘poses habituelles’ avec de petits bancs en bois, pas vraiment du grand travail d’ébéniste mais ils font leur job. Au premier arrêt, mes pieds trépignent déjà au bout de deux minutes :
– « Euh, on peut y aller là ? parce-que bon ça fait seulement 20 minutes qu’on est parti »
– « Oui si tu veux, c’est juste pour se reposer un peu »
– « Je comprends bien, mais on n’a pas eu trop le temps de se fatiguer… »
Il me regarde avec de grands yeux, remet sont minuscule sac sur le dos pour reprendre la route.
Sur un flanc du grand piton, on peut commencer à entrevoir le petit :

La deuxième ‘pause’ arrive encore plus vite que la première, ça fait longtemps que j’ai dépassé mon guide, et c’est à moi, le touriste, de l’attendre, un comble.
– « Continues si tu veux, on se rejoins en haut ! » me dit-il en s’égosillant 20m en dessous
– « Ok ! »
Je continues seul, et au bout d’une petite heure (au total !)  j'atteins le sommet :

La vue est sympa mais rien qui vaille 35$… Je me couche dans l’herbe profitant de ce moment de paix (et de solitude)
– « Hey il est temps de redescendre ! » C’était mon guide, en nage, essoufflé comme pas deux.
– « Pourquoi ? »
– « Je suis là pour t’amener en haut, pas pour rester trop longtemps »
– « Je me fous pas mal du pour quoi tu es payé, d’un je me suis amené tout seul en haut, et deux pour ce prix, je vais rester le temps que je veux »
– « ………..mais pas trop ok ? »
– « J’ai vu un autre chemin à gauche, cela mène où ? »
– « Ce n’est pas très important, tu es déjà au sommet ! »
– « Si ce n’est pas important, pourquoi il y a un chemin ? Je vais y faire un tour »
– « Mais on n’a pas le temps ! »
– « Tu redescends si tu veux, moi je vais voir ce qu’il y a au bout du chemin »
Il devait me maudire, le pauvre il est tombé sur un gars qui veut vraiment découvrir le site, qui plus est, qui marche plus vite que lui. Je rentre dans la forêt par ce petit chemin tracé à force de pas, et au bout de 3 minutes, cette vue me fait face :

Le petit piton, de face ! Superbe paysage !

Après quelques instants je reviens au croisement où mon guide, dépité, m’attendais
– « Mais la vue est 100 fois mieux là-bas ! »
– « Oui, peut-être… »
– « Mais il n’y a pas de ‘peut-être’ c’est superbe ! Comment se fait-il que tu ne me l’a pas proposé ? »
– « Je ne suis pas payé pour ça ! Je dois amener les gens en haut, point »
– « Tu veux dire que tous ces gens qu’on a croisé, sont montés sans avoir pu admirer le petit piton ?! »
– « Ben oui, pas le temps avec ça, on les amène au sommet, en sécurité, puis les ramenons, toujours en sécurité »
– « Mais tu peux leur dire, sans aller avec eux, qu’en prenant cette direction pendant 3 minute la vue est fantastique, non ? »
– « Non, pas le temps »
Bon il m’aura gonflé avec son « pas le temps », je suis désolé pour les visiteurs qui ne sont pas passés sur le chemin de gauche, c’est vraiment la récompense de cette, pas si dure, montée.
Je quitte les lieux, à pieds, pour venir il a fallut un mini-bus + 30 minutes de marche, je choisi de revenir par la côte en suivant l’océan. Pas vraiment sûr que ça soit possible, mais on verra bien.
Sur la route, on peut admirer le piton sous un autre angle, mais surtout, on peut se délecter de mangues, il y en a partout, je n’ai plus de place dans le sac, mes poches sont pleines, alors je mange en marchant. Malgré leur couleur, elles sont savoureuse, très sucrées et comme un arrière goût d’eau de coco, une merveille.

Après deux heures de douce descente, j’atteins enfin la mer

L’endroit est en fait une station balnéaire privée, mais comme pour chez nous, la plage appartient à tout le monde, donc malgré leur regards suspicieux, et leur « Bonjour, je peux vous aider ? » les gardiens me laissent passer.

J’installe ma serviette entre les transats et profite un peu des lieux.

Ne sachant pas combien de temps il faut pour retrouver la route principale, et par ce fait, un minibus, je reprends la marche.

Après 3h, je tomberai sur un petit village, avec des transports allant de tout part de l’île, il était évident que je pouvais compter sur ce bon karma.
Depuis le début, seule la côte Ouest est passé sous l’objectif de l’appareil photo, et à l’Est ? Les paysages et plages de l’autre bord sont-ils de la même trempe ? Pour mon hôte, absolument pas, de belles excursions oui, mais pas grand chose d’idyllique, d’ailleurs ce côté est apparemment déserté par les touristes. Que cela ne tienne, demain, j’irai jeter un coup d'œil.
Et effectivement, un autre monde. C’est vrai que les ballades sont plaisantes, mais les plages ne sont plus si attirantes.

D’un, elles sont submergées la sargasse, une algue qui gâche pas mal de rivages des caraïbes.

Seul avantage : pas UN chat

Mais surtout, c’est une poubelle ! Des détritus à chaque recoin, qu’il viennent de l’île même ou du large, le résultat est terrible :

C’est tellement commun qu’il n’est pas rare que les enfants en fasse leur terrain de jeu…

De retour sur le port, un drapeau m’interpelle

The Pearl ? Ça me dit quelque chose… Mais oui ! C’est le bateau de Jack Sparrow dans Pirates de Caraïbes !

– « Bonjour ! Excusez-moi de vous déranger mais… c’est bien lui ? »
– « Ha, ha ! Absolument, le seul et unique ! »
– « Cool ! Comment ça se fait qu’il soit là ? »
– « Ben aujourd’hui on s’en sert pour des soirées, une sorte de discothèque ambulante et originale »
– « Ah oui, ça change… »
– « Vous voulez faire une petite visite ? »
– « Euh, je peux ? »
– « Oui, les clients ne sont pas encore là, venez à bord, je vous fais faire le tour »
– « Ouha cool, merci ! »
Je m'exécute avec la banane sur le visage, je sais c’est (très) stupide, mais ça me fait quelque chose.

À l'intérieur une photo du Pearl voiles ouvertes
– « Ouha quel beauté ! »
– « Oui, quel dommage »
– « Dommage ? De quoi, dommage ? »
– « Ben qu’il est brûlé »
– « De quoi ?! Combien il y a de Pearl ?!? »
– « Ben celui sur la photo, cramé maintenant, et celui où tu te tiens »
– « Je ne comprends pas… Donc celui-ci n’est qu’une copie ? »
– « Absolument »
– « Donc Jack Sparrow n’a jamais mit les pieds sur ce bateau ! »
– « Et non… »
– « F… ! »
Il me raconte que le Pearl original a prit feu en pleine mer, mais que tout le monde sait que c’est le propriétaire qui a saboter son bateau pour toucher le pactole avec l’assurance, ça se passe comme ça aux Caraïbes.

Quand à moi, déçu au plus haut point, je m’étais fait une joie de penser que ce gouvernail avait été manipulé par Jack et sa bande de mort-vivants, tant pis…

Je laisse le « faux Pearl » derrière moi, et prépare mes sacs à nouveau la Martinique m’attend !
Qu’est-ce que je retiens de Sainte-Lucie ? Des gens adorables, une facilité de transport rare dans ce coin du monde, mais quand même une destination pour gens aisés, beaucoup de choses sont trop chères, ne serait-ce que les entrées astronomiques que l’on vous demande pour visité un parc, ou voir un fort, c’est vraiment exagéré.
Certes ce n’est pas une destination pour routard, les prix vont avec la ‘clientèle’ , mais cela gâche un peu le séjour, je sais déjà que je n’y reviendrai pas, même si c’était intéressant de se faire un avis, cela ne vaut pas (à mes yeux) le détour.

 

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2 réponses à “Sainte-Lucie”

  1. cathy Dit :

    ahhah…tu vas encore me faire un commentaire…ben cest toujours un peu de la Reunion que je retrouve…les plages a tourites, les detritus, etc…ca va etre pire a la Martinique je pense…eh…on marche cool cooldans les iles noous hein ? alors oui tranquille le guide..

    :p ;)

    Répondre

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