Sur la route pour le Botswana

27 novembre 2018

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En sortant d’Etosha, nos sourires sont rechargés pour plusieurs centaines de kilomètres, cela tombe bien, notre prochaine destination avoisine les 1000km de distance.
Cap vers l’Est, Nord-Est pour être exact, le but est d’atteindre la frontière du Botswana par le Nord, tout près du parc national de Chobe. Je n’ai pas envie de faire tout d’une seule traite, nous ferons en chemin deux nuits en camping.
La première se fera dans un village nommé Rundu, à la frontière de l’Angola, seul le fleuve Okavango nous en sépare. Mais à part ça rien de spécial à découvrir, nous trouverons un carré de pelouse dans Camping/Bungalows où nous serons les seuls à camper (et pas grand monde dans les petites cases), avec une salle de bain où les moustiques avaient élu résidence depuis plusieurs années…
Mais c’était calme, et cela nous suffisait amplement.

Le soir venu, des gardes font la ronde (comme dans tous les camping de Namibie) ils ont tous un fusil à l’épaule :
– « Hello, c’est pourquoi ton fusil ? Les animaux, ou les hommes ?
– Ah, ah, les deux !
– Mais pour lequel ils te payent tes patrons ?
– Plutôt les hommes…
– Il y en a qui essaient de rentrer ?
– Oui, de voler, ou piller les touristes, mais ne t’inquiètes pas, rien de cela ne se passera ici
– Je ne suis pas inquiet. Tu as déjà dû tirer ?
– Oui…
– Tuer ?
– Non …pas encore
– Espérons que cela n’arrive pas ce soir, ok ?
– Oui monsieur, cela n’arrivera pas ce soir, ni un autre soir
– Tant mieux l’ami, bonne soirée
– Bonne soirée »
Nous quittons Rundu pour Katima Mulilo, 70km avant la frontière. Encore 500km à avaler, et comme toujours les aires de repos sont là pour notre plus grand plaisir.

Toujours au milieu de nulle part, sur un route déserte, ou presque. Toujours une table et des tabourets en béton, toujours peints de la même couleur, blanc et bleu, toujours placé à l’ombre d’un arbre.

Nous arrivons en milieu d’après-midi, et là surprise, l’endroit est magnifique. Propre, un espace BBQ, juste au pied du Zambèze, qui nous donne une vue direct sur la Zambie.

Salle-de-bain impeccable, gazon tondu au mini-mètre, et wifi dans le hall d’accueil !

Avec un tel décors, il serait dommage de ne pas piquer une tête n’est-ce pas ?
Ben… Les panneaux nous ont quand même découragé…

– « Euh, vous vous souvenez de moi, je viens de vous prendre une nuit de camping ?
– Oui bien sûr monsieur, un problème ?
– Non, non… Enfin… Je veux dire… Nous sommes à deux mètres de la rivière…
– Et ?
– Ben… Apparemment, au vu des panneaux, il y a des animaux moyennement sympas…
– Et ?
– Et ?! Ben, est-ce que je risque de me faire bouffer cette nuit ?!
– Cela n’est pas encore arrivé
– Pas encore ?! Donc ça peut ?!
– Dans la vie tout est possible, mais jusqu’à aujourd’hui, cela n’est jamais arrivé
– Wow, vous, vous êtes vraiment au top pour rassurer les clients… »
Il me lâcha son plus beau sourire, et retourna à ses cahiers. Je n’étais que très moyennement rassuré…

Profitons du couché de soleil …peut-être le dernier !

Le jour se lève, et nous sommes entier. Même pas un petit morceau en moins, rien.
Nous passons la frontière sans trop d’encombres, une fois les passeports tamponnés, nous remontons en voiture. 1 ou 2km plus loin une petite guérite en bois, comme il y en a des centaines, elle semble déserte, j’avance au pas, un Stop est signalé. Je passe doucement, en regardant à l'intérieur, elle a l’air vide, comme toutes les autres.
La voiture passe les roues avant la bande de stop, quand j’entends :
– « Hey ! Faites marche arrière immédiatement !
Je me retourne, un gars en uniforme venait de sortir de l’ombre, il m’indique en grimaçant et avec le doigt de revenir devant la ligne blanche, ce qui équivaut à faire une marche arrière d’un mètre cinquante… Je m'exécute.
– Il y a des règles ici ! On ne fait pas ce qu’on veut ici !
– Euh ok… Je pensais qu’il n’y avait personne
– Aucune importance ! Présent ou pas, vous devez stopper !
– Oui, mais j’allais vraiment doucement…
– Aucune importance ! Stopper, c’est stopper !
– Ok… Je suis arrêté maintenant
– Vos passeports »
je lui tends, il note nos noms dans un grand cahier, il prenait son temps, pensant nous punir en prenant le notre.
J’avais envie de lui balancer un « Relax man, la vie est belle » ou un « Je viens de parcourir toute la Namibie, des Stop il y en a des tonnes, personne ne les respecte, on s’est peut-être adapté trop vite », mais c’est plutôt ça que j’aurais aimé lui dire : « Wow, vous devez vraiment être malheureux pour prendre les choses avec tant de déni, le pouvoir que vous donne l’uniforme vous a enlever la gaieté, prenez du recul, respirez, appréciez » …j’ai rien dit.
Il nous a rendu nos passeports sans un seul regard, après avoir craché au sol, il nous a fait signe de la main pour nous indiquer que l’on pouvait reprendre la route. Quelle autorité.
Nous partons sur Kasane, les 50Km qui nous en sépare traverse le parc de Chobe, une longue route droite au milieu des arbres. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais de devoir s’arrêter toute les 10 minutes pour laisser passer des files indiennes d’éléphants, ce n’est pas tous les jours !
Pour le camping, nous avons l'embarra du choix, il y en a à foison tout autour de Kasane, mais nous choisirons de nous éloigner un peu (après avoir fait du change, et des provisions) à 20km, un petit paradis en bord de rivière venait de voir le jour, la partie camping était protégé par de longs arbres, les salles-de-bain ressemblaient à de petites huttes, il y avait un salon à l’accueil, avec wifi (c’est tellement rare, que je me sens obligé de le préciser !) qui plus est, nous y étions seuls les 2 premières nuits, vraiment une belle découverte.

La patronne est d’Afrique du Sud, elle n’y reviendra pas « Ici, c’est comme l’Afrique du Sud il y a 50 ans, tout est à faire, tout est pur, intouché, je ne changerais d’endroit pour rien au monde »
Depuis Etosha, nous commencions à sérieusement nous les geler la nuit, même avec nos pathétiques sacs de couchage à 10$… Nous avons donc acheté une couverture en plus, mais cela ne suffisait pas, il fallait mieux s’isoler du sol.
Je me rappela de mon temps militaire, il y a plus de 20 ans maintenant, un de nos gradé nous avait indiqué que l’air était le meilleur isolant qu’il soit, et qu’en situation « extrême », sans argent, ou sans moyen, le meilleur des isolant se trouvait être …le carton. C’est vrai qu’il emprisonne l’air entre ses deux couches, alors c’est ce que nous fîmes.
Au supermarché, des employés mettaient des bananes en rayon :
– « Bonjour, on peut prendre ça ?
– Quoi ça ?
– Les cartons
– Vous voulez les cartons ?!
– Oui, s’il vous plait
– Ben oui, allez-y, profitez ! C’est gratuit, cadeau de la maison !
Ils riaient pendant que j’amassais les cartons sous le bras, un signe de la tête pour les remercier, puis direction la tente.

Avec ce simple système, nous n’avons plus jamais eu froid, et ce, tout le reste du Road Trip.
Nous sommes maintenant parés pour découvrir ce pays, grosse découverte pour ma part, il y a encore trois semaines, je n’aurais même pas pu le situer sur une carte…

 

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