En route pour Kelowna

29 janvier 2012

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Pourquoi avoir choisi Vancouver ? Parce-que les vols au départ d’Asie sont moins cher pour l’Ouest ? Oui, mais non. Pour découvrir la ville où l’on vit le mieux au monde (2009) ? Oui, mais toujours non. La vraie raison, c’est qu’en farfouillant sur la toile j’avais trouvé un job, mais pas exactement à Vancouver en fait.
Quand les comptes sont vides (ou presque), que l’on atterrit dans un pays « cher » et inconnu, ben on essaye de partir avec un minimum de sécurité. Alors sur ce coup, c’était vraiment au petit bonheur la chance, car au départ je cherchais à travailler dans les « trees planters » (les planteurs d’arbres). Boulot physique, mais où l’on peux faire un paquet de sous en peu de temps, seulement voilà, d’un il faut littéralement se battre pour pouvoir y rentrer, et deux les places sont plus que limités, car les compagnies gardent à 99% la même équipe chaque année (je ne dis pas que c’est impossible de trouver quand on est sur place, mais par internet…). Bref, de fil en aiguille, je tombe sur des sites de « picking », de la cueillette si vous préférez, des raisins, des tomates, concombres, champignons, etc. Bon déjà la cueillette ce n’est pas mon truc, mais surtout les salaires ne volaient pas bien hauts… Pourtant à force de recherches je tombe sur un site qui propose de travailler dans la cerise, avec un salaire correcte, et surtout la possibilité de dormir sous tente pour 2$/jour ! J’envoie un CV.
Quelques jours passent, pas de réponse, je continues à garder espoir, et à rechercher des informations sur le travail au Canada. Je tombe sur un article sur les CV, qui spécifie qu’en Amérique du Nord on NE DOIT PAS mettre de photo, AAaaargh ! Vous devinez, j’en avais mit une… Je continues à éplucher l’article, qui résume tous ce que vous devez, et ne devez pas mettre dans un CV, je me suis totalement planté, les CV européens n’ont rien à voir… Bon, c’est maintenant enregistré, pour la prochaine fois du moins.
Pourtant la semaine suivante, je reçois une réponse du verger de cerises :
« Votre profil est très intéressant, êtes vous toujours intéressé ? »
Ah ! Sûre que je suis toujours intéressé ! J’en profite pour lui dire que je ne savais pas pour la photo sur le CV, et que si elle voulait je lui en renvois un plus « canadien ». Elle me répond qu’au contraire, elle a beaucoup aimé la rédaction de mon curriculum et que la photo était un plus.
Une erreur qui me vaut d’avoir été choisi ! Elle me dit que l’équipe de cueilleurs est déjà complète, quelle déception (ironie), mais qu’il y a d’autre postes comme au tri, à l’emballage, et bien d’autres. Je suis ravis, cela me convient parfaitement.
Donc voilà, après 3 jours à Vancouver, et 6h30 dans un bus inconfortable, à 90$… Me voici à Kelowna, toujours en Colombie-Britannique, mais plus à l’Est. Il paraît que c’est la ville la plus ensoleillé du pays, « 2000h de soleil par an » me précise l’un des passager, ben ça changera de Vancouver !
De là, une demi heure de marche m’amène à un arrêt de bus, pour prendre un bus qui m’amènera à un autre arrêt, pour prendre un autre bus qui m’amènera au pied d’une colline (ouf…) : « Désolé, je ne peux pas vous amener plus loin, maintenant il faut marcher » m’annonce le chauffeur en ouvrant les portes.
Je lève les yeux, une route, une seule, et bien sûr en montée… Je dois avoir plus de 25Kg sur le dos, mais si près du but, je ne vois pas l’intérêt de faire une pause, et me lance d’un pas assuré. Il fait chaud, mon tee-shirt  trempé en est témoin… Juste quand je me dit qu’un petit arrêt ne serai pas si bête finalement, « le plat »arrive enfin. Mais la route est (malheureusement) loin d’être terminée. L’endroit est calme, des vergers de pommes à perte de vue, et en parlant de vue, maintenant avec la hauteur, je peux admirer ce superbe paysage, vraiment un endroit charmant, qui respire la nature.

Les arbres à cerises font leur apparition, mais ce n’est pas mon verger, les 8 suivants ne le seront pas non plus… Ça n’en finit jamais ou quoi ?!
Après 10 ou 20 minutes de marche en plus, le silence s'estompe, et fait place à un « Boom ! Boom ! Boom ! » de la musique, de la musique « forte » heurte mes oreilles, serait-ce là ? Je m’approche, ça sent bon « la fête » ici, je demande si c’est bien le verger tant attendu, on me répond par la positive et en français (décidément) :
- « Tu parles français ? Tu es Québécois ? »
- « Oui ! »
- « Mais il y a beaucoup de Québécois qui travaillent ici ? »
- « Un bon 90% »
- « 90% !?! C’est énorme ! »
- « Oui, mais cela a toujours été comme ça, et depuis le début en 1903. »
- « Ce verger existe depuis 1903 ?! »
- « Oui, et c’est majoritairement des Québécois qui viennent s’occuper des cerises. »
- « Ok… »
Moi qui pensais améliorer mon anglais dans l’Ouest, c’est raté…

À part les Québécois, juste une poignée de Canadiens de la région, quelques Australiennes, 3 Tchèques et deux Françaises (Cocorico !). Je découvre le camp et ses habitants, c’est assez basique, mais il y a des douches, une cuisine, des placards (pour mettre sa nourriture), des frigos et même internet ! Il se compose de jeunes et de moins jeunes, la plupart étudiants le reste de l’année, et une bonne moitié n’en sont pas à leur première venue. Leur point commun ? À part la cerise, le fait qu’ils aient tous une bouteille, ou un joint à la main… C’est sûr, je ne me sens pas trop à ma place…
Pourtant, il me font un accueil des plus chaleureux, et je n’ai, pour l’instant aucun mal à accepter nos différences.
On me montre la ligne de tentes : « Tu peux t’installer n’importe où, mais ne dépasses pas le poteau là-bas. »

Voilà, c’est ici que je vais passer mes premières semaines (voir mois) au Canada, je ne m’attendais pas à commencer cette nouvelle aventure sous une tente, pourtant la suite sera encore plus inattendu…

 

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23 réponses à “En route pour Kelowna”

  1. Marjorie / Histoire à Vivre Dit :

    Quel suspense !!!!! Wouah tu sais ménager tes effets ! Oo
    Le rouge des cerises est magnifique !
    J’ai un contact qui vit en Colombie-Britannique, dans un coin superbe aussi bien proche du pacifique que de la montagne, et des ours viennent régulièrement dans son jardin !! C’est à Bamfield (une île je crois), en es-tu proche ? Je ne situe pas Kelowna… Oo

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  2. cath Dit :

    la suite, lqa suite!! ;)
    question: lorsqu’on te demande d’ou tu viens..tu reponds quoi?

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    • Sandro Dit :

      La suite est en ligne ;-)
      D’où je viens ? Comme destination ? Ou d’où je viens ? Où je suis né ?
      Pour la première je suis plutôt vague, en général je répond Asie, pour le deuxième : France ! bien sûr ;)

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  3. papa Dit :

    Nostalgie,nostalgie c’était une bonne période pour toi et en plus il faisait doux en c’temps là….pas vrai ????
    L’hiver à son charme également mais tu resteras toujours mieux en bras de chemise et tongs qu’à te briser les arachides avec des températures polaires , encore quelques mois de patience, le soleil reviendra…..
    Bisous à plus mon fils

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  4. Adil Dit :

    Haha pleins de québecois ! Apperement il y en a énormément en colombie britannique. En tout cas, je suis présssé de voir ce qu’il va se passer même si j’ai ma petite idée là dessus (dur de co-habiter avec des québecois? :))

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  5. Martine Destination-Terre Dit :

    Oui bon, les québécois sont des êtres à part… j’en conviens! Par contre, il ne faut pas généraliser car les québécois qu’on retrouve dans ces endroits pour l’été sont souvent jeunes, ils souhaitent vivre une « expérience » loin des jupes de maman, et quand ils reviennent à la maison, c’est une autre histoire…
    Ceci dit, je comprends ton malaise car moi non plus, je n’aime pas trop ce genre de « rassemblement » de fin de soirée!(oui bon, une petite bière bien froide de temps en temps mais pour le reste, non merci!) Enfin, c’est une expérience de plus à vivre!
    Les cerises étaient bonnes au moins?
    Tu comptes rester combien de temps en Colombie-Britannique?

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    • Sandro Dit :

      Je ne généralise rien du tout, d’ailleurs je n’ai jamais parler des « Québécois » en particulier pour la fumette et l’alcool, mais de tout le monde sur place ! Je pense que c’est plutôt un truc qui va avec les saisonniers en général, et quelque soit leur nationalité. Ne t’inquiètes pas, je ne juge pas si rapidement, il faut du temps pour comprendre et assimiler les coutumes et pratiques d’un pays, et il va m’en falloir du temps pour le Canada, car à chaque province j’ai l’impression de changer de pays…
      Les cerises étaient excellentes, et j’y suis resté 3 mois, nous sommes en Alberta depuis novembre.
      A+

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  6. Lucie Dit :

    Se retrouver parmi des Québécois, pas de chance!!! Niveau anglais je veux dire…
    Vivement la suite….

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  7. Curieuse Voyageuse Dit :

    La suite la suite :)
    Et en effet, tu as du te sentir sur une autre planète avec une telle arrivée…

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  8. pralinette Dit :

    Ravie de lire le début de tes aventures; j’espère que la suite nous montrera que tu as pu t’intégrer facilement malgré l’ambiance « défonce ».
    C’est la première fois que tu campais?

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    • Sandro Dit :

      J’ai pu m’intégrer, mais pas à l’ambiance. J’étais un peu à part, mais très heureux. Ils étaient sympas, et accueillants, c’est tout ce qui compte.
      La première fois que je campais ?! Oo ;;;; Euh non, pas vraiment…

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  9. pralinette Dit :

    Ah pardon, c’est vrai que t’avais parlé du camping dans les cours d’écoles à Taiwan j’avais oublié!

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  10. Aurélie Dit :

    C’est sur que quand on voyage on ne sait jamais à quoi s’attendre ^^

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