2 roues motrices en Namibie

6 septembre 2018

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Cela fait maintenant presque deux semaines que nous nous délectons au Cap, je me sens chez moi pire, je n’ai pas plus envie de partir… Par curiosité nous nous renseignons pour trouver un petit boulot, pas grand chose, juste une petite rentré d’argent pour payer chambre et nourriture. Mais sans visa de travail la tâche est difficile (mais pas impossible), la seule chose que j’aurais pu trouver -Serveur- je déteste servir… Pourquoi pas un métier manuel ? On a toujours besoin de main-d'œuvre, sauf qu’ici la main-d'œuvre se doit d’être ‘noire’
Lors de plusieurs conversations avec des locaux sur le sujet, les réponses étaient toujours identiques :
– « Comment ça -noire- ? »
– « Oui, ces travaux sont réservés aux personnes de couleurs »
– « Comment ça -réservé- ?! »
– « C’est comme ça, les salaires sont modestes »
– « Mais cela ma va, je ne souhaite pas faire carrière, juste faire un peu d’argent »
– « Tu peux faire serveur »
– « Non »
– « … »
– « Je préfère être dans le bâtiment, ou jardin, ou même mettre le goudron sur la route, peu importe »
– « À part les managers, seuls les personnes de couleurs font ce genre de travail »
– « Mais je me fou des règles ! Moi ça me va, alors si je trouve un manager à qui j’explique que cela ne me dérange pas, c’est bon ? »
– « Le problème ne viendra pas du boss, mais les autres employés te rejetteront »
– « De quoi ?! Mais pourquoi ? »
– « Tu n’es pas du même monde, tu n’es pas comme eux »
– « On glisse sur le racisme là non ? »
– « Racisme ou pas, ils ne t’accepteront pas, tu n’es pas l’un des leurs, et en t’imposant de la sorte, en tant que ‘blanc’ tu seras vu comme tel, sauf qu’ils te mépriseront pour avoir prit le travail d’un des leurs »
Je suis sidéré… Toutes les portes que j’ai frappé m’ont donné les mêmes réponses. Chaque fois que je regardais un chantier, les employés étaient de couleur, pas un ‘blanc’ mis à part le chef de projet. Quelque part, cela m’a touché, pas de ne pas trouver d'emploi, mais ce racisme sous-jacent, des deux côtés, et le fait que tout le monde trouve ça normal, je trouvais ça triste, décevant.

Il y a trois ans aux Fidji, j’avais fait la rencontre d’un Sud-Africain Mike, nous avions exploré la faune sous-marine de Taveuni ensemble, le soir il m’avait même offert une pizza, à moi le clochard nomade :
– « Si un jour tu viens an Afrique du Sud, appelle moi »
– « Oh j’irais, c’est sûr, mais peut-être dans 2, 3 voire 4 ans ! Tu as le temps de m’oublier d’ici là »
– « Ce n’est pas grave, contacte moi, je me rappellerai de toi t’inquiètes »
– « C’est noté, je ne l’oublierai pas »
J’avais toujours son numéro, et en espérant qu’il ne l’ai pas changé entre temps, je le compose sur mon cadran.
Au début il est un peu étonné, mais il fallut seulement 30s pour se remémorer :
– « Sandro ! Mais tu es où exactement ? »
– « Au Cap, à Sea Point »
– « Génial, j’habite au Cap aussi, mais pas vraiment au même endroit, tu peux venir jusqu’à moi ? »
– « Oui, pas de problème, il y a des bus qui vont jusqu’à chez toi j’imagine »
– « Des bus… Peut-être pas, mais il y un train oui, une sorte de métro, qui s’arrête pas trop loin »
– « Parfait ! »
– « Je t’invite à diner, avec ma femme et mes deux enfants »
– « Euh… Tu n’as pas besoin, je suis content de te revoir »
– « Allons ! Ma femme fait très bien à manger ! »
– « J’en suis sûr… Mais… »
– « Mais quoi ? »
– « Écoutes, je ne veux pas te gonfler avec ça, mais mon amie et moi sommes full vegetal »
– « Tu ne mange pas de viande ? »
– « Non, et pas de lait, fromage, ou œuf »
– « Wow ! Ok, t’inquiètes, elle trouvera quelque chose »
– « T’es sûr ? Je ne veux pas t’ennuyer avec ça, on est pas obliger de manger »
– « Mais arrêtes ! Tout va bien, il y aura des végétaux, un tas de végétaux ! »
– « Bon ok, merci »
– « On dit vendredi soir, vers 19h30 ? »
– « Parfait »
– « Très bien le végétal, à vendredi alors ! »
C’est toujours délicat d’imposer son mode de fonctionnement chez les autres, j’aurais préféré qu’on dine dehors, chacun libre de commander ce qu’il souhaite, mais être invité ET avoir des ‘exigences’ me parait encore aujourd’hui, déplacé.

Nous sommes accueillit à bras ouverts, « Tu vois… » dit Mike à ses fils « …ce gars là voyage depuis presque 10 ans non-stop ! »  Ils me regardent les yeux admiratifs en lâchant un « Woooow ! Trop bien ! »
Sa maison est superbe, dans un quartier agréable et calme. Sa femme nous serre des sortes de chapatis géants que l’on remplie avec un tas de légumes revenus, un régal.
Après avoir remémoré les souvenirs de Fidji (il avait même des photos avec ma tronche !) :
– « Mike, j’ai quelque chose à te demander »
– « Shoot »
– « Nous voudrions faire un Road-trip dans ton pays, pour 2 semaines environs, quel circuit nous conseillerais-tu ? »
– « Vous voulez faire un road-trip ? »
– « Oui »
– « En Afrique du Sud ? »
– « Oui »
– « Vous voulez savoir où aller, quelles villes visiter ? »
– « Exactement »
– « Mais… »
– « Quoi ? »
– « …pourquoi en Afrique du Sud ? »
– « Ben parce-que nous y sommes »
– « Vous avez du temps, ou c’est 2 semaines pas plus ? »
– « Non, on est largement flexible »
– « Alors vous voulez que je vous donne un circuit tip top ? »
– « OUI ! »
– « Allez en Namibie »
– « Quoi ?! »
– « L’Afrique du Sud c’est sympa, mais si vous voulez un road-trip inoubliable, allez en Namibie »
– « Mais… Euh… Tu as un circuit pour la Namibie ? »
– « Oui, j’en ai fait un avec la famille il y a 4 ou 5 ans, j’en ai encore des frissons »
– « Très bien, mais l’Afrique du Sud alors ? »
– « Ah ! Tu peux y faire un tour aussi, mais regardes…  »
Il sort un atlas énorme, et commence à nous décrire le chemin à suivre, à chaque point, il nous donne des informations et des conseils, en plus des points qu’il avait visité, il nous en donnait d’autres, tellement réputés qui ne voulait pas nous les passer sous silence.
– « Mais c’est génial, ça ! Et après on revient par le centre du pays ? »
– « Comme tu veux »
– « Ben c’est dommage, il n’y a presque rien au centre… »
– « Oui, mais c’est plus rapide pour revenir au Cap, sinon… »
– « Sinon quoi ? »
– « Tu peux suivre le territoire au Nord-Est, passer par le Botswana pour redescendre sur l’Afrique du Sud »
– « Le Botswana ? »
– « Oui, un super pays »
– « Tu connais ? »
– « Je n’y suis jamais allé, mais sa réputation le précède, c’est un pays encore intact niveau tourisme, il a tellement à offrir »
– « Dangereux ? En voiture je veux dire »
– « Pas plus que la Namibie, et bien moins que l’Afrique du Sud ! »
Il avait plusieurs objets de la nature africaine chez lui, dont une dent d’hippopotame que je tenais du bout des doigts, c’est à ce moment là précisément, cette grande incisive entre les mains en écoutant Mike finir sur le sujet que tout s’éclaira dans ma tête, comme une révélation, je savais que c’était ça, comme une montagne qui apparait après des semaines de brouillard, tout était clair, limpide, et même si cela faisait un peu peur, je savais maintenant où nous serons pendant les prochaines semaines, et rien ne pourrait me faire changer d’avis.
Après les au revoir, les tapes dans le dos, les remerciements, je laisse Mike à sa famille et commence à cogiter sur le chemin du retour, j’en parle à Julia :
– « Demain on va acheter un tente »
– « Une tente ? Pour le road-trip ? »
– « Oui »
– « Tu crois que ça va le faire de dormir en tente en Afrique ? »
– « Oui »
– « Mike t’as bien motivé je vois »
– « Oui ! Nous allons partir à travers les trois pays, peut-être plus, nous allons visiter toutes ces places, et bien d’autres »
– « Tu es bien sûr de toi »
– « Absolument. Je suis absolument convaincu, et ça va être un voyage dont on se rappellera longtemps, je te le promets »
– « Je te fais confiance »
– « Alors tu es partante ? »
– « Bien sûr ! 2 semaines ? »
– « Non, 4 »
– « 4 ?!
– « Non, 5. Oui cinq cela sera parfait »
– « Wow, 5 semaines sur les routes africaines, en tente ? »
– « Toujours partante ? »
– « Absolument ! »

Nous avons cherché une tente d’occasion, mais sans succès, près de notre hôtel un « Décathlon » local faisait la promotion de tentes, elles n’étaient pas données, mais pour ce genre d’aventure, autant avoir quelque chose de solide. Nous avons aussi acheté des sacs de couchage au super-marché (10€ l’unité), ça suffira pour le confort.
Maintenant, il fallait trouver un véhicule. Bien entendu tout le monde conseille les quatre roues motrices, c’est une évidence, que ça soit dans les agences de location, ou sur les forum, le 4 × 4 est une obligation.
Pourtant à force de recherche, j’ai trouvé quelques oiseaux rares qui avaient parcouru ces terres en voiture « normale », et bien qu’ils ont réalisé l’improbable, ils ne conseillaient pas de faire de même… Mais si eux ont pu, c’est donc possible.
Les deux gros problèmes sont :
– Les routes médiocres, ensablées, sans goudron, ou inexistantes
– Les « Potholes », c’est quoi ces trucs ? Des trous ! Des trous qui peuvent aller jusqu’à 80cm de profondeur sur 50 à 120cm de diamètre, le rêve de chaque automobiliste… Des sortes de nids de poule géant, c’est aussi ça l’Afrique, les fortes pluies et fortes chaleurs (sans parler du terrain) provoquent ces superbes trous qui vous envoient valser dans le décors en un tour de main, et au mieux, vous font exploser le pneu.
J’ai lu un article d’un couple parti pour seulement 3 semaines, il avaient crevé 5 fois ! Aussi, un groupe d’ami en road trip avaient brisé leur roue sur un pothole, l’avait fait fixer en chemin, puis avait fracasser la voiture sur un autre quelque jour après…
Ces histoires ne rassurent pas. Mais un 4 × 4 coûte trop cher, après de multiples recherches, et vas-et-viens en agence, nous n’avons rien trouvé à moins de 45€/jour. Qui plus est, niveau essence, ça consomme bien plus qu’une citadine.
Nous nous sommes donc tournés vers une deux roues motrice, une voiture …normale. 20€/jour était le prix du petit modèle, moins de la moitié du prix. Pourtant au dernier moment, sur un coup de chance, nous avons réussit à trouver notre transport pour les cinq prochaines semaines pour seulement 9€/jour, une folie !
– « Mais… La voiture est endommagée ? »
– « Absolument pas ! Nous ne gardons pas les véhicules longtemps, donc elle aura maximum 3 mois »
– « Une voiture neuve ?! »
– « Pratiquement’
– « Pour ce prix ? »
– « Oui, monsieur »
– « Et il n’y a pas d’autres frais ? Genre ‘caché’ ? »
– « Non monsieur, tout est compris, même l’assurance »
– « Wow »
– « Vous comptez traverser des frontières ? »
– « Euh oui, pourquoi ? »
– « Il vous faut un permis spécial »
– « C’est quoi ça ? »
– « Un simple papier de notre part, qui dit que l’on vous autorise bien à traverser, et que le véhicule est quand même assuré »
– « J’imagine que cela a un coût ? »
– « Oui, 20€ par frontière »
– « Nous comptons traverser en Namibie et au Botswana, mais peut-être aussi au Swaziland et au Lesotho »
– « Pour les deux derniers, avec une voiture immatriculée ici, pas de problème, vous aurez besoin des permis pour la Namibie et pour le Botswana seulement »
– « Très bien, ajoutez-les à la note alors »
– « Avec plaisir, donc une location pour 5 semaines, soit 35 jours, et deux permis de frontière »
Et nous voilà à bord de notre petite Honda, l’aventure peut commencer. De peur de crever en chemin, j’avais acheté une bombe pour une regonflage provisoire, au cas où, sachez que nous nous en sommes jamais servit.
Le temps de quitter l’hôtel, faire les courses et bien remplir la voiture de tous nos besoins, nous partirons juste après le déjeuner, sourire aux lèvres en direction de Springbok, ville à presque 600km au Nord, c’est là que l’on dormira avant de traverser la frontière pour la Namibie.
Quel bonheur, quelle liberté, nous sommes sur des nuages. Nous arrivons enfin à la « ville », tout est complet… Le soleil commence sa course vers l’horizon, il faut absolument trouver quelque chose avant la nuit, Mike nous l’a bien dit « Ne roulez JAMAIS la nuit, seulement de jour », nous essayons une poignée d’endroit, mais toujours la même réponse.
Je pense avoir vu un panneau « Camping » avant de rentrer sur Springbok, nous faisons donc marche arrière, et retournons sur nos pas. La nuit est déjà là, on croise les doigts. Le panneau indique un petit chemin de terre sur la droite, que nous suivons doucement à la lumière des phares. Il y a bien un bâtiment, et un peu de lumière. Je me gare près de la porte d’entrée, et laisse Julia dans la voiture.
Après le passage de la porte style Saloon je fais face à une dame rondelette :
– « Bonsoir monsieur »
– « Bonsoir madame, vous êtes un camping ? »
– « Oui, et un motel »
– « Vous avez encore de place ? »
– « En camping ? »
– « Oui, bien sûr »
– « J’avais peur que vous soyez plein »
– « On a toujours du monde au motel, même si on est pas encore plein, mais en camping, vous serrez les seuls »
– « Ah bon ? Ben très bien »
Et voilà, nous allons pouvoir tester notre tente pour la première fois. Après un casse-croute dans la voiture, et une petite douche vite fait, nous nous enfonçons dans nos sacs, et passons notre première nuit de road-trip.
Au levé du soleil, nous pouvons enfin découvrir les lieux à la lumière du jour:

Reprenons la route pour la frontière, elle n’est plus loin maintenant.
Une fois sur place, on aurait presque pu passer sans s’arrêter, personne pour arrêter la voiture, juste un batiment neutre entouré de grilles grises et ternes.
Comme nous venons motorisés une taxe doit être versée, le prix dépend du nombre de chevaux et du type de véhicule.
Comme vous pouvez le voir sur cette photo seulement 242 Dollars Namibiens sont demandés, soit moins de 15€ pour tout le séjour.

Entre nos mains une carte du pays, et c’est la seule chose que nous ayons. Seuls les grands axes y sont signalés, depuis son édition, d’autres routes ont vu le jour apparemment car nous sommes, surtout au début, toujours à devoir choisir au milieu d’une patte d’oie : « Droite ? Gauche ? » Nous avons suivi la logique, et cela a payé.
Aujourd’hui nous avons pour but d’atteindre Lüderitz, une ville portière qui garde son charme d’antan avec ses architectures coloniales et colorées, encore près de 600km à avaler, et nous ne sommes plus en Afrique du Sud, ici la plupart des routes ne sont pas goudronnées, mais au vu des distances, et afin d’arriver toujours de jour, je ne peux pas trop ralentir.
Ce qui est parfait avec cette voiture, c’est qu’elle consomme peu, moins de 8L au 100km, le désavantage, c’est qu’elle est légère, trop légère.
Nous sommes sur une immense ligne droite, pas un chat, sa largeur pourrait largement faire rentrer une 4 voies, de chaque bord un fossé, et après, la nature, intacte. Je prenais confiance, trop peut-être, la vie s'empressa de me rappeler où nous étions. À plus de 100km/h la voiture se met à tanguer, c’est presque un aquaplaning, mais les gravillons remplacent l’eau, à cette vitesse je ne veux pas freiner, avec son petit poids elle risquerait de partir en tonneaux, alors la pédale d'accélérateur relâchée, je m’essaie aux zigzagues, comme je peux, pour ralentir un maximum. Le frein moteur y passe, mais maintenant je n’ai plus du tout le contrôle du volant, nous partons à droite, plus que quelques mètres et nous sommes dans le fossé, avec douceur mais fermeté, je tourne légèrement sur la gauche, la voiture a bien ralenti, mais avance toujours vers le fossé, plus que 2m ! Mon cœur frappe dans la poitrine, il faut qu’elle s’arrête, il faut absolument qu’elle s'arrête !
Je regarde Julia, nous soufflons ensemble, elle s’est arrêtée, juste à temps, moins d’un mètre nous séparait de la catastrophe.
– « Ça va ? »
– « Oui, ça va »
– « On a eu chaud »
– « Oui ! Ralentis un peu, ok ? »
– « Oui… Je vais devoir faire plus attention »
La première enclenchée, nous reprenons tranquillement la route. Je ne baisserais pas vraiment la vitesse, mais je serais dorénavant à 100% concentré sur la conduite, et uniquement la conduite tout au long des cinq semaines.
Lüderitz a un petit centre de tourisme, ça tombe bien on cherche un camping. Une dame au sourire infatigable nous propose trois options.

Nous choisirons la moins chère (of course), voici donc un aperçu de Shark Island Camping :

Entre rochers et océan, c’était parfait.

Une fois la tente montée, le tour du propriétaire se fait rapidement, des roches, la mer, et encore des roches. Malgré le mot « cuisine » employé lors de la description des lieux, il n’y en a pas, enfin… Si, pour eux une cuisine c’est une petite salle, avec un lavabo et trois prises de courant, rien d’autre, pas de table, pas de chaise, pas de frigo, et surtout, rien pour faire chauffer, pas de gazinière, four ou micro-onde, rien… Ce n’est pas bien grave, on mangera froid.

La ville est partitionnée entre les « nouveaux » bâtiments, tout à fait banals, et les « anciens » colorés et toujours flamboyants.

Mais pour tout vous dire, nous nous sommes pas arrêté à Lüderitz pour l’architecture.

Il y a quelques années de ça, j’avais été subjugué par des photos irréelles d’une ville fantôme, une ville littéralement avalée par le désert,  le sable avait envahi les demeures, laissant un spectacle désolant, mais qui prenait aux tripes.
Ce lieux se nomme Kolmannskuppe, c’était une ville qui n’avait qu’un cœur : L’exploitation de diamants
L’endroit était tellement prospère au début du 20ème siècle, qu’ils faisaient venir l’eau potable du Cap, en Afrique du Sud ! Soit plus de 1200km de trajet…
Puis, les diamants se firent plus rare, et même si aujourd’hui encore certains (une poignée de) mineurs y travaillent encore, la ville est déserte (sans jeu de mot), laissant place à un musée unique, un endroit que je rêvais de visiter.
En admirant les photos, j’avais bien remarqué d’où elles venaient, c’était en lettres majuscules sur toutes les pages NAMIBIA. Alors je m’étais promis que si un jour j’avais la chance de visiter ce pays, il était évident que j’y fasse un tour, et justement Kolmannskuppe, se trouve à moins de 10km de Lüderitz.
De la route, nous pouvons voir les restes des bâtiments :

De l'extérieur, l’effet n’est pas immédiat

Une fois les tickets d’entrée en poche, nous attendant dans une suite de maisonnettes, renfermant accessoires d’époque…

…animaux empaillés…

…salle de sport…

…bowling…

…cuisine d’époque…

…chambre typique…

…salon…

…nous attendons patiemment, et nous ne sommes pas les seuls, l’heure de la visite guidée. Deux horaires sont affichés, il est trop tard pour le premier, mais nous avons 10 minutes avant le deuxième. Pourtant après un demi-heure, toujours rien ! On laisse tomber le guide, tant pis, il avait qu’à être à l’heure !
Il me tarde tellement de voir l’autre côté de ces murs :

Dans les autres ville-fantômes que j’ai eu visité, il y a toujours cette sensation de revenir dans le passé, de le toucher du doigt ou presque, il avait en plus, ce un côté voyeur, qui était difficile à accepter,  je le refoulais autant qu’il se peut, mais c’était plus fort que moi, j’aimais profondément cette sensation de pouvoir sur le temps.
Mais ici, aucune de ces sensations. Il est difficile d’imaginer que la vie soit passée par ces lieux, tout est vide, vide dans tous les sens du terme, sauf …de sable, lui a remplit toute la place, doucement, mais surement. Il engloutie chaque centimètre, des pièces entières, un vrai rêve de chat. Pourtant malgré cette « désolation », ce décors a quelque chose de poétique, presque magique, j’en savoure chaque minute.
Beaucoup trop de mots dans cet article, laissons maintenant place aux images :

 

Nous apprendrons plus tard (4 jours après si mes souvenirs sont bons), qu’au passage en Namibie il faut changer d’heure, il y a 1h de différence avec l’Afrique du Sud, en fait nous attendions le guide pour rien, le tour était déjà terminé…
Le soir avant de manger nous ferons un peu de sport, ici Julia en plein « jumping jacks » :

Et moi alternant pompes et hand-stand push ups sur le mur de la « cuisine », je vous donne ce détail, car depuis plusieurs années maintenant, ceux qui me suivent le savent, je maintiens la forme en faisant quelques exercices de poids de corps, chaque jour tout en voyageant. Sauf que pour ce road-trip cela sera la première et la dernière fois, la conduite à 110% d’attention pendant des centaines de kilomètres chaque jour me prendra toute mon énergie jusqu’à la fin, je tomberais comme une m… tous les jours dès la tombée de la nuit, laissant Julia seule avec son livre.
Et tous les matins je serais frais comme un gardon, totalement rechargé, et ce dès 5h.
C’est incroyable à dire, mais cela faisait un paquets d’années que je n’avais pas aussi bien dormit, si vite et si profondément. Cela aurait pu arriver n’importe où, mais il fallut que ça se passe en Afrique, dans une tente à même le sol… Comme quoi confort, ne rime pas toujours avec bien-être.

 

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4 réponses à “2 roues motrices en Namibie”

  1. catherine Dit :

    Magnifique!! merci pour les photos…comme tu dis, une sorte de poesie s’en echappe, ce sentiment que la nature reprend ses droits….jai des amis qui sont alles en Afrique du Sud, et ont eu le meme constat au niveau de ce racisme sous-jacent…peut etre que d’ici quelques annees cela changera..

    Répondre

  2. Julie Dit :

    Merci pour tous les articles précédents, et celui-ci inclus. Je lis et regarde à chaque fois avec attention, tel un carnet de voyage fou car ton voyage est vraiment incroyable ;)
    Aussi les photos, les angles de vue sont vraiment jolis, on s’y croirait, et à chaque fois.
    Voyager à eux ça change le rythme…
    Hâte de lire et voir la suite!

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    • Sandro Dit :

      Avec plaisir Julie !
      Merci pour ton commentaire, ça fait super plaisir, sincèrement.

      J’essaie toujours de mettre un max de photos (même si largement réduit sur le total) car je m’imagine toujours à la place du lecteur, moi j’aimerais pouvoir observer différents angles, même pour un même sujet.
      Cela me permet de m’immerger plus facilement.

      La suite est en ligne ;)
      Amicalement.

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sSs lol l..l..l fFf TiM Oo HeArT DeaD AiE >< == =/ =) ;;;; ;-) ;) ;( :wink: :p :o :D :) :( .PP.