Myanmar, du 19 octobre au 19 novembre 2010

20 novembre 2010

Carnets de route

Il y a presque trois ans ce voyage avait prit une autre direction. Je m’étais exercé à enseigner pour des réfugiés Birmans (voir ici, ou encore là-bas). En plus de m’avoir donné une autre vision du partage, cela m’a aussi permis de découvrir un peuple qui même devant l’adversité a su garder son sourire enjôleur, un sourire qui ne les quitte jamais.

Ce choc culturel m’a marqué à vie, et je m’étais promis à l’époque qu’un jour j’irai au Myanmar, je voulais voir ce pays qui d’un côté se déchire sous l’oppression d’une junte tyranique, et de l’autre continu de générer des personnes au grand coeur. Ce jour est enfin arrivé.

Malheureusement voyager au Myanmar n’est pas si facile. Précisons, il n’est pas aisé de voyager au Myanmar quand :

– On voyage en routard

– On ne veut pas remplir les poches du gouvernement en place (si on peut appeler ça un gouvernement…)

– On voyage en période électorale…

Car oui, nous étions en pleine période électorale, nous ne le savions pas à l’achat de nos billets d’avion, nous ne l’avons su qu’une semaine avant le départ. Imaginez un pays où rien n’est permis, où le moindre pas de travers est réprimé, où chaque contact avec la population est observé, relayé, et décrypté. Imaginez ce même pays sous haute tension, sous pression même, car leur élections n’ont rien à voir avec la définition qu’en donne le dictionnaire, ici les partis adverses ont été scrupuleusement éliminés, les gagnants sont désignés d’avance, ce sont les même qui portaient des vêtements militaire, la différence ? Aujourd’hui ils portent des costumes cravates, histoire de bien se faire voir par la communauté internationale : « Vous voyez, nos avons été élus, démocratiquement ! » balivernes… C’est dans cette ambiance morose que nous atterrissons à Yangon, d’ailleurs un ciel sombre et une pluie battante sont là pour nous accueillir, et cela durera presque une semaine, ce n’était que le commencement.

Les prochains articles vont essayer de vous raconter notre parcours cabossé dans ce pays, « essayer » car il est difficile de décrire quelque chose qu’on ne voit pas. Pas possible de communiquer avec la population (à part superficiellement) donc juste des suppositions, difficile de sortir du parcours tracé par les autorités, beaucoup d’endroits sont interdits aux étrangers, donc diffiicle de se faire une véritable opinion. Parfois on a même l’impression que tous va bien, ben oui quoi ? Ils ont l’air heureux, ils gardent le sourire, n’ont pas vraiment des physiques de sous alimentés, et il y a même des écoles ! Pourtant on m’avait dit que l’éducation n’existait pas au Myanmar… Tous ça est vrai, sauf que si on gratte un peu, la peinture ne tient pas longtemps, dès que l’on sort du parcours fléché les gens ont faim, on s’aperçoit que le travail forcé est monnaie courante, que la production d’opium est encouragé par la junte, et quand on se renseigne sur les école c’est minimum 60US$/mois pour en faire partie (sachant qu’un fonctionnaire atteint à peine les 50US$/mois de salaire…).

Pour nous, voyager dans ce pays a été un vrai dilemme, ici tout est régit par la junte : les hôtels, les transports, et même les treks ! Donc à chaque fois, obligé d’engraisser ces gros porcs. Il existe toujours un moyen de passer par une autre voie, mais en général cela devient plus difficile, plus long, plus éprouvant. C’est pourtant ce que nous avons fait, cela n’a pas été de tout repos, et les 13 kilos (à nous deux) que nous avons perdu pendant ces 5 semaines sont là pour en témoigner.

Nous avons été totalement épuisées par tous ces long trajets en train, bus et bateaux,

mais aussi par ces longs moments d’attentes et de recherches.

Heureusement, il y a aussi eu des courts moments d’échange, avec ces gens et leur fameux sourires,

aussi des paysages mémorables et ces fabuleux temples que compte la Birmanie.

Certes il aura été difficile d’y voyager, certes on y a pas vécu un « coup de cœur », mais nous sommes quand même ravis d’y avoir été, et d’avoir rencontré ce peuple au sourire légendaire. (cet article est un extrait de : Le Myanmar sous pression)

La galerie photo du Myanmar est visible ICI

Ce carnet de route n’est qu’un bref résumé de notre séjour au Myanmar, pour plus de détails il y a les News.
Voici donc toutes les News à ce propos :
Le Myanmar sous pression
Premier pas au Myanmar : Argent, étoile, et internet
Myitkyina en train
Retour à Mandalay par bateau
Sur les hauteurs de Sagaing
Galerie photo à Taïwan
Trekking à Kalaw
Le Lac Inle
Bagan en calèche
Le Thamaka
Yangon en passant par Pyay

 

 

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