Australie du 28 mai 2007 au 11 juillet 2008

11 juillet 2008

Carnets de route

Je dit au revoir à la petite Hihi (et à bientôt…) qui doit retourner à Taiwan, puis je décolle pour la deuxième fois de ma vie pour l’Australie. Arrivée 3 heure du mat. nous devons attendre 5h30 pour avoir le premier bus qui nous amène à la ville, mouais « la ville » c’est un bien grand mot, Darwin quoi…
Dés les premières approches, je m’aperçois très vite que nous ne sommes plus en Asie, fini les repas à 50 cts. Maintenant c’est 1A$ rien que pour une bouteille d’eau… Mais le pire reste à venir, le logement. Quant de tout mon voyage, le maximum payé pour une nuit était 5 US$ (à part au Japon), ma première nuit dans un « backpacker » me coûta la modique somme de 24A$, soit 16€ pour un dortoir!.. Je vous passe les détails, mais à Darwin rien de spécial à voir, et même ce qu’il y a, c’est franchement minable, alors je me promet de travailler comme un forcené afin de pouvoir décoller dans les 3 mois de ce trou paumé, si on m’avait dit à ce moment là qu’au final, j’y resterais 9 mois…

Juin 2007
Apres toute la paperasse réglé, et 5 jours de recherche de boulot (acharné!) rien, rien de rien, « il aurait fallut arriver avant… » me dit on, « …il y a encore deux semaines de ça, du boulot, il en pleuvait! ». Ouais, mais désolé je n’ai pas pris ma machine à remonter le temps avec moi…
Jess (cf. la taïwanaise, copine de Hihi) me dit qu’elle aurait trouvé un job pour nous, dans une ferme à 1h30 de là. Vu que j’ai rien à l’horizon, pourquoi pas essayer? Le seul problème, et en fait il y en a deux, on ne sait pas ce que l’on va faire la-bas, et deuzio ce n’est « que » 10A$/h, mais nourrit/logé, bon au moins on perdra pas d’argent.
Un gars d’une quarantaine d’années, mine patibulaire, mal rasé, portant un chapeau à la « Charles Ingales » vient nous chercher, il a un gros 4*4 qu’il a du laver pour la dernière fois en 1967, remplit à ras bord d’outils et déchets en tout genre, « Prêt? » me dit-il, « Ben oui… », « Tu sais, il y a des gars qui n’ont pas tenu 24 heures… », mais on va où la? Au bagne?..

Il nous parle un peu sur le trajet, mais franchement entre la radio à fond et son accent de la brousse, j’y ai pigé que dalle. A peine arrivée, présentation des lieux, d’abords notre chambre, qui malgré qu’elle n’est aucun charme et, il faut bien le dire, un peu délabré, nous convient parfaitement, nous avons notre propre chambre et avec climatisation! Puis découverte des champs, de longs haricots-verts, de piments ou encore de « bitters melons » un légume immangeable, à part si on n’est né asiatique.

Puis la « cantine » si on peut appeler ça comme ça, un toit, deux murs et demi, deux frigos, un congélateur, une table et six chaises, rien de plus… Bon je pourrais rajouter, que le sol était farcis trous, que le robinet fonctionnait à l’aide d’une clef de 8, ou encore qu’un des frigo datait de de la dernière guerre, mais tout ça ne ferait pas avancer le « shmilblic ».

A notre arrivée deux taïwanaise travaillaient deja, elles cueillaient les légumes. Jess était la pour les aider, mais moi?.. Près de nos chambres, j’ai aperçu un chantier pas fini, d’une cuisine sans doute et d’une autre pièce pas trop définissable, bien décidé à ne pas faire de la simple « cueillette », je me lance:
-« Je ne sais pas quant vous avez l’intention de finir ces travaux, mais je peux vous aider, j’ai de l’expérience! »
Tu parles, mon expérience ce limitait à avoir peint mon appartement et posé trois « placos », mais bon ça  a marché, il m’a donné ce job à faire, donc pas de cueillette pour bibi! En fait, j’ai tout fait, sauf de la cueillette, 10 à 14H/jour à conduire le tracteur, monter la cuisine et le bureau (oui, c’était un bureau…), peindre le tout, planter des piquets de 3m, tirer des câbles sur les champs, le vrai fermier quoi.
Nous sommes vite rejoint par une autre taïwanaise « Red » (mais combien ils sont de taïwanais dans ce pays?..), et une japonaise « Mika ». Tout cela ce passe dans une ambiance très moyenne, mais bon je fait de l’argent et c’est tout ce qui compte. Apres 3 semaines, Jess se fait virer, trop lente au goût du boss, bon. Elle me dit de ne pas m’inquiéter, et qu’elle trouveras du travail en ville, donc je peux rester là si je le souhaite, « Ok, alors je reste ». Mais voila, ces patrons (oui, ils sont trois en fait) je ne les sent pas, et maintenant ça va faire un mois que je suis la, et toujours pas de fiche de paie, ils me payent ça c’est sure, j’ai vérifié mon compte en banque, mais me déclarent-ils? A ça pour se murger la tronche (1000A$ de canettes de bière par mois), ou se fumer des pets tout les soirs, pour ça ils sont fort, mais pour le reste… Je leurs demande de me procurer mes fiches de paie, « Ne t’inquiètes pas! Ca va venir » à oui, j’oubliais, en Australie vous êtes payé toute les semaines (parfois toute les 2 semaines) donc ils m’en devaient deja 4.

Juillet 2007
Au milieu de la 5eme semaine, j’hausse le ton, « Je veux mes fiches de paie, et oui je m’inquiète, car je n’en ai encore vu aucune circuler! » même les 2 taïwanaises arrivées 1 ou 2 mois avant nous, n’en ont toujours pas vu la couleur… 2 jours se passe, puis le verdict tombe: « Ok, tu vas avoir tes fiches de paie, mais nous n’avons plus de boulot pour toi » les encu…! Ils ne me déclaraient pas! Et encore aujourd’hui, j’attend toujours ces fameuses fiches…

Retour en ville, donc retour en « backpacker », je n’aimais pas ce genre d’hôtel, maintenant je peux dire que je les hais! Deja vous n’êtes que des citrons dans ce genre d’établissement, des citrons bien juteux, qu’il faut presser jusqu’à la dernière goûte, ensuite les sois-disant voyageurs, qui se bourrent tout les soirs, sont bruyants, n’ont aucuns respect pour ceux qui dorment deja, qui copulent sur votre lit superposé (oui j’vous jure!), ou encore jouent de la guitare jusqu’à 5h du mat! J’ai eu fait quelque bonnes rencontres, certes, même elles furent rares, faut bien se dire que ce pays et gavé de « voyageurs », j’ai du mal à les appeler comme ça, la plupart viennent ici pour s’éclater, se défoncer, claquer un tas de pognons ou encore niquer à tous vas, je ne leur jetterais pas la pierre, ils sont jeunes (entre 18 et 25 ans) et c’est une sorte de break dans leur vie, ils explosent pendant une année, puis reviennent à leur vie « normale » dans leur pays respectif, et diront à leurs petits enfants « Grand-père, quant il était jeune, il a passé un an en Australie… » mais bon, un peu ça va!

A force de persévérance (et croyez moi, il en a fallut…) je dégote un boulot sur un bateau, mon job consistera à nettoyer les grosses huîtres contenant des …perles! La paye est deja plus raisonnable, 100€/jour (avant taxes) et nourri/logé! Ca me va parfaitement. Mais le bateau est loin, très loin… Le boss se charge du transport, jet privée de Darwin, pour arrivé sur un mini-aéroport où l’on prendra un aéroglisseur qui nous déposera sur le bateau, ouahou! Je ne sais pas si je vais aimer ce job, mais ça m’éclate deja!
« Vous commencez à 5h30, petite pause à 9 heures puis reprise du boulot jusqu’à midi pour la pause déjeuner, vous aurez une autre pause l’après-midi, fin de la journée 15h30, ça vous va? », en tout cas, moi ça me va! Mais tout ça était bien loin de la réalité, « petite pause » voulait dire 25 à 30 minutes, vous imaginer combien durait la pause déjeuner… Ensuite nous travaillons pas tout les après-midi, au moins deux fois par semaine, nous allons faire un barbecue sur la plage! La vie à bord est vraiment au top, 5 délicieux repas par jour, nous avons notre propre chef, écran plasma avec des dizaines de DVD, après 15h30 on peut prendre un petit bateau et faire traîner sa ligne, les requins-dormeurs font leur danse autour du bateau et parfois le soir, les dauphins viennent nous faire un petit coucou, quelle expérience… Mais il y a un hic, et oui! Nous sommes 18 passagers, dont 16 sont australiens, ma première « vraie » expérience avec les locaux, et bien j’ai pas était déçu! Que des cerveaux de crabes! Vous pensez que je suis méchant? Très bien, mais je persiste et signe! Le point commun avec la ferme, c’est qu’en fin de journée ils finissaient tous bourrés… A faire des concours de celui qui boit le plus, par la bouche ou par …le nez. Voila à quoi ils passaient leur soirée. Comme je ne bois pas, automatiquement j’était « à part » considéré comme « l’intrus », presque un cas social en fait:
-« Tu ne bois jamais? »
-« Non… »
-« Jamais, jamais? »
-« Non… »
-« Pourquoi?! »
-« Parce-que j’aime pas le goût de l’alcool »
– » Tu rigoles? »
-« Non… »
-« Put… mais vas y, boit un coup! »
-« Non merci… »
-« Put… mais tu rigoles pas? Un gars qui ne boit pas d’alcool… »
-« Ben oui… »
-« J’savais même pas que ça existait! »
-« Ben maintenant tu le sais… »

Et je vous passe les 3567 autre « Tu bois vraiment pas? » ça deviendrait long…
Je vous passe aussi le niveau de leur conversations, des enfants de 8 ans auraient eu plus d’intérêts… Mais ils étaient sympas, vraiment, pas de faux cul, ou de tir au flan, et pour moi c’est tout ce qui comptait.
Apres deux semaines nous rentrons à Darwin, et oui ça marche en roulement, deux semaines de boulot, une semaine de repos! Mais le boss ne m’a jamais rappelé, il y avait deja trop de monde à bord, mais je pense surtout que je n’était pas à l’image de l’équipage… Tant pis, je l’ai vécu et même si ça était court, j’ai vraiment apprécié.<Petite vidéo>

Aout 2007
Me re-voila en ville, Red est revenue de la ferme, et je m’entend plutôt bien avec elle, pas beaucoup d’expérience du voyage ou même de la vie, mais c’est une jeune femme qui deviendra une grande, j’en suis sure. Nous décidons de nous associer pour acheter une voiture. Pourquoi pas avec Jess? Je la trouve exaspérante, alors plutôt que de nous fâcher, nous préférons prendre des routes différentes.
Nous voulons une voiture, mais pas n’importe laquelle, une qui puisse aller n’importe où, une tout-terrains, un 4*4!!! Puis on y construira un lit, comme ça fini les backpacker! On est tout excités, pas facile de trouver, mais on le trouva, et on le nomma « Jacko ». Une fois le lit installé, nous partons au parc national de Lichtfield, le tester un peu, la nuit les moustiques arrivaient à rentrer je ne sais d’où, mais à part ça, tout fonctionnait à merveille.
Nous revenons en ville faire des provisions,  puis c’était décidé « Demain direction Townsville à l’extrême Est du pays! »
-« Mais le parc national de Kakadu est sur la route, non? »
-« Oui c’est vrai »
-« Pourquoi ne pas y faire un tour sur le passage? »
-« Let’s go!!! »

Quant j’y pense, nous étions si heureux de dire adieu à Darwin, de vrais enfants. Malheureusement cette joie fut vite écourté…


Nous arrivons après 200km de route au fameux parc, franchement je reste sur ma faim… On m’en avait tellement parlé, je m’attendais à quelque chose de vraiment unique, bon… De grandes étendues de rochers, quelques arbres, des peintures aborigènes et puis? Ben pas grand chose… Suis-je blasé? Je me pose encore la question. Apres tout ces fantastiques paysages traversés en Asie, je suis peut-être devenu difficile…

Mais voyez par vous même, et dites moi!

Apres une demi-journée à voir des …roches, nous passons à la position 4*4 pour aller voir les « Twin falls » les cascades jumelles de Kakadu, la voiture répond parfaitement, des fois on l’a sent s’enliser, mais après un rétrograde elle repart, doucement mais sûrement, nous traversons quelques étendues d’eau, puis un court d’eau, puis arrive « The » rivière… Je stoppe, une quinzaine de voitures tout terrains autour de moi, je pense qu’ils en reviennent, c’est tous des australiens, j’hésites… Je demande l’approbation à Red, qui me dit « Go head! » (vas-y) bon alors je me lance, nous passons le panneau « Danger crocodiles » puis la voiture pénètre enfin dans l’eau, nous avançons à demi-pas, ou demi-roue comme vous voulez, mais avec un niveau d’un peu plus d’un mètre, l’eau commence à envahir la cabine, nos pieds sont mouillés! « Pas grave, pas grave », on continue, nous arrivons au centre de la rivière et c’est à ce moment la que Jacko décide de calé… Nous avons un bref regard Red et moi, je tourne la clef, rien, l’eau s’engouffre de partout maintenant, il faut qu’on bougent et vite, je tente encore et encore, rien y fais, le moteur et bel et bien noyé… Nous avons de l’eau jusqu’à la poitrine maintenant , « Merde, mon ordi! » Il est derrière, impossible de l’atteindre, il a bien une housse de protection, mais protection ne veut pas dire étanche! Impossible d’ouvrir les portières avec la pression, je passe par la fenêtre, j’entend les gars sur la rive qui me hurle de ne pas aller dans l’eau, « C’est infesté de crocos!!! », en tout cas moi j’en vois aucun, je saute, ouvre la porte arrière et met mon « Mac » à l’abris sur le lit qui lui est plus haut que le niveau de l’eau, donc totalement au sec. Je monte sur le toit, de la je peux observer la vingtaine de couples qui filment l’événement, ils ont tous sorti leur camescope ou appareil photo, la c’est sur, ils l’ont leur film de vacances, dire que des centaines, peut-être des milliers d’australiens vont se foutre de ma tronche devant leur postes de télé:
-« Et Robert je viens de Kakadu, et tu sais quoi, un pecno de touriste planta son 4*4 ou milieu d’une rivière! »
-« T’as filmé? »
-« Ben évidement! »
-« Allé on se le mate! »
Navrant… Pas pour eux, car eux je les comprends (j’aurais sûrement fait pareil…) mais moi, je me sentais minable, vraiment.
Deux bonhommes prennent une barque pour nous rejoindre, ils emmènent avec eux un câble relié à un treuil d’un de leur gros engin, ils le fixent sur Jacko, prennent Red avec eux et retrouvent la rive, je remonte (replonge…) dans la voiture et manœuvre à reculons, le treuil est puissant, après juste 5 ou 6 minutes de bataille, il parvient à m’arracher de la rivière, l’eau prend le sens inverse et se vide en un éclair. Mais toute nos affaires sont trempés… Un carnage, certes nous avons « noyé » mp3, téléphone, disque dur et livres, mais le pire c’est quant même la voiture, elle ne veut rien savoir. « Mais qu’est-ce qui t’as prit? » me dit l’un des membre de la foule qui nous entourent, « T’avais bu, ou quoi? », non je n’ai pas bu, et en fait c’est pire… Pour ceux qui ne sont pas des fervent de mécanique auto (comme moi) il faut savoir que pour traverser un cours d’eau de ce niveau il faut un « tuba » un long tube en plastique qui est fixé sur votre moteur et dépasse le toit de la voiture, afin que l’air « respiré » par le moteur soit toujours de …l’air. Mais je ne savais pas moi… Oui, je suis stupide, mais maintenant, croyez moi, je sais.
Le fait est que pas un de cette bande de zigotos m’as fait de remarque avant la traversé! Ils se marrent tous en coeur, ok, mais ils ne m’ont pas prévenu, même pas un petit: « T’es sur que tu veux traverser?.. »

Nous mettons nos affaires à sécher, puis ils nous laissent la « Vous inquiétez pas un ranger passera sûrement par la », ben oui… Alors on attend… C’est la fin de journée et le soleil va pas tarder à décliner. Mais voici le ranger tout sourire qui arrive, on l’a prévenu que deux blaireaux étaient coincés au milieu de la « jungle ».
-« Bon je peux vous ramener à la première ville, mais vous avez une carte bleue? »
-« Euh, oui pourquoi? »
-« Non, non, pour être sur que vous puissiez payer »
-« Combien? »
-« Jusqu’au premier campement, euh… 300A$ (200€) »
Génial, jusqu’au premier campement 200€, il y a maximum 20Km et la ville est 70Km plus loin, mais combien va-t-il nous prendre au final? Nous acquiesçons timidement, de toute façon on l’a dans l’os. Il joint son véhicule au notre par une grosse corde et nous traîne difficilement jusqu’au campement. Nous y passons la nuit.<Petite vidéo>
Le lendemain j’ouvre le zip de la tente, il fait beau, le temps idéal en fait, ciel bleu, nous sommes en pleine nature, tout ceci serait parfait si…
Devant nous, Jacko toujours pas décidé à démarrer, « vous êtes prêt? » me lance le ranger, « non en fait… » je lui dis que j’aimerais passer une journée de plus ici et en profiter pour faire sécher (pour de bon) nos affaires et les sièges de la voiture. Je ne suis pas en colère, je suis déçu et triste, combien cela va nous coûter? Nous avons travaillés si dur Red et moi, et puis quant elle pourra être réparé? Apres tout, la « ville » est bien plus un minuscule village, qu’autre chose.
24 heures plus tard nous sommes sur la route, et sec. Le ranger nous a « seulement » demandé 100A$ de plus pour aller jusqu’à la ville, et nous abandonne, sans oublier sa monnaie, au seul garage qu’elle y compte. Une autre journée passe avant de pouvoir avoir le verdict, « Nous ne pouvons rien faire, il faut la renvoyer au garage de la marque, à Darwin » NOOOONNN!!!! Tout mais pas ça! -« Il n’y a pas de gros garages à Katherine (ville la plus proche)? »
-« Non… »
On est dégoûté, maintenant c’est sur, l’aventure à Darwin n’est pas terminé… Nous envoyons Jacko par remorque, quant à nous, nous prenons le bus direction… ben vous savez…

Par la fenêtre nous apercevons ces deux avenues composant la ville qui nous sommes si familière, nous y croyons à peine, nous sommes retourné au point de départ, et quel point de départ… Retour en Backpacker, et retour à la vie urbaine,  j’en suis dépité.

Septembre/Octobre 2007
Le deuxième verdict tombe: « Il faut changer le moteur, il est mort » non mais c’est une blague? Je ne peux pas y croire.
-« combien pour remplacer le moteur? »
-« Environs 4000A$ (2600€}
Arghh, c’est le prix de la voiture! Tellement pressé de partir, nous acceptons. On nous promet un délais de 4 semaines maximum, en attendant il faut trouver un job et un toit, car non, je ne peux pas vivre un mois ou plus en backpacker! Lever 6h30 pour courir achetez le journal des petites annonces, je repère ce qui peux nous intéresser, 7h30 Red vient de se lever:
-« Tu appels ces annonces la, et moi je vais voir celles-ci! »
-« Mais des annonces pourquoi? » la pauvre, dans la précipitation, j’ai oublié de lui dire que j’étais… je veux dire, NOUS étions à la recherche d’une chambre…
-« Pour une chair house (maison à partager) »
-« Mais je vais prendre mon  petit-dejeuner, ça ne peut pas attendre? »
-« Non! Les premiers arrivés, sont les premiers servit! »
-« Ok, ok… »
Je cours à droite, à gauche, mais rien, trop cher, trop loin, trop délabré ou tout simplement, ils recherchent UN locataire et pas deux…
A mon retour, il ne reste qu’un appartement à visiter, nous arrivons dans un magnifique building résidentiel, on nous fait monter au sixième étage, l’appartement est tout simplement splendide, et avec une vue de toute beauté. Le gars nous dit qu’il y a beaucoup de monde a être venu le visiter et qu’il ne peux pas nous donner une réponse dans l’immédiat, il nous promet de nous appeler demain, dimanche. Nous n’y croyons pas, c’est trop beau. Et nous continuons les recherches, qui restent malheureusement infructueuses. Dimanche passe, nos téléphone restent muets, bon pas le temps de s’apitoyer, il est tant de se trouver un job, car sans argent… Heureusement en Australie, du job, il y en a, et en deux-deux nous trouvons le(s) notre(s), Red servira dans un restaurant chinois le soir et lavera des voitures la journée, quant à moi je suis « storman » une sorte de magasinier, j’aurai à rassembler les produits commandé sur une palette à l’aide d’une sorte de « Moto-palette ». Mardi soir nous recevons un coup de fil:
-« Allô, oui vous cherchez toujours une chambre? »
-« Euh… Oui, pardon mais vous êtes qui?.. »
-« Ah oui j’ai oublié de me présenter, c’est moi Harry, je vous ai fait visité l’appartement samedi »
-« … vous ne deviez pas nous appeler dimanche?! »
-« Désolé j’étais trop occupé, mais si vous le désirez la chambre est à vous »
-« On prends! »
Nous sautons de joie! Ca y est, les backpackers, c’est fini pour de bon! A nous le calme et la propreté, nous sommes de nouveau sereins<vidéo>. Malheureusement après un mois, toujours pas de voiture… Je vous passe les détails, mais au final le retour de Jacko mit 9 semaines!.. Nous sommes toujours en contact, Hihi et moi, elle m’annonce qu’elle arrive le mois prochain, mais qu’elle n’a pas un rond… Pas la peine de se leurrer, je me dois de rester à Darwin, il y a du boulot à tout va, nous avons (Red et moi) assez de connaissances pour lui trouver rapidement un job. C’est décidé je reste, mais pas Red! Elle en a marre, comme je la comprend, elle me dit qu’elle restera jusqu’à l’arrivée de Hihi, puis elle prendra son bout de chemin.

Novembre 2007
Nous sommes le 2 novembre, deja 5 mois de passé sur le continent australien, et me revoilà à l’aéroport. Pas pour décoller (malheureusement) mais pour accueillir ma petite Hihi, elle est la! A moitié endormit, mais bel et bien la! Nous savourons nos retrouvailles. Red laisse sa place à Hihi, étant sur le point de partir et elle se propose donc de nous laisser la chambre (encore merci!). Trois petits jours suffirent à ce qu’elle trouve un bon job, mais ce n’est pas tout, en partant Red lui passe son « carwashing », elle se retrouve avec deux boulots bien payé.

Decembre 2007
Red en a profiter pour faire toute la cote Est (ce que l’on avait prévu de faire avant le grand plongeon…) elle est maintenant en Tasmanie, et nous? Ben on travaille, entre 10 et 14 heures chacun, on « Fait de la monnaie », pas plus. Une routine c’est installé, franchement on en a marre…

Janvier/Fevrier 2008
Début de l’année 2008, nous comptons nos gains: « Ok, encore deux mois plein pot et on taille la route! »

Mars 2008
Le 5 mars arrive enfin, nous n’en pouvions plus, autant physiquement, que psychologiquement, Darwin c’est mortel… Nous reprenons la route! C’est pour de bon! Comme la voie des airs est moins cher que la voie terrestre, je laisse Jacko à un pote qui se chargera de le vendre, Hihi fait un grand au revoir à Darwin: « Fais pas ça! » lui dis-je , »La dernière fois que j’ai dit adieu à cette ville, elle m’a vite rappelé… »

Direction Cairns, où j’était deja passé il y a trois ans. Apres lui en avoir tant parlé, Hihi rêve elle aussi d’aller voir la grande barrière de corail. Le temps n’est pas bon, mais nous sommes bien décidé à en faire abstraction. Pourtant la météo aura raison de nous, après 1h30 de bateau en mer déchaîné, nous devons rebrousser chemin, un passager c’est heurté le crâne pendant la traversé , il saigne, il saigne beaucoup, nous devons rejoindre l’hôpital le plus vite possible. Le bateau continu de tanguer, nous sommes tous un peu « vert » au sens propre, comme au sens figuré… De retour sur la terre ferme, nous retrouvons vite le sourire, ben quoi? Nous sommes sain et sauf, et surtout, on n’est plus à Darwin!

Le voyage continue, direction Brisbane où je retrouve un pote, Jam, qui lui aussi a quitté la France pour de nouvelles expériences, aujourd’hui il vend des glaces!<vidéo> Mais il est heureux, et c’est vraiment tout ce qui compte. Nous en profitons pour passer quelques bons moments ensemble, restaurants, visite de « Surfer Paridise », puis petit tour dans un parc aquatique.<vidéo>

Avril 2008
On enchaîne avec Sydney, la fausse capitale australienne (car comme tout le monde sait la capitale c’est Canberra. Comment, vous ne saviez pas?!?..) des tas de quartiers et galeries à découvrir, bien sur l’opéra (la coquille d’oeuf) nous y restons une semaine, et même si le froid commence à gagner du terrain, nous sommes aux anges.

Rapide passage à Melbourne, où nous prenons la direction d’Adélaïde pour pouvoir admirer « Kangaroo island » l’île kangourou, franchement un de nos meilleurs moment sur ce continent, ça fait vraiment du bien de retrouver la nature<vidéo>. Puis retour sur Melbourne afin de visité la ville et de retrouver Red! Mais franchement nous sommes déçus… On s’attendait à mieux, bien mieux. Nous sommes un peu las de l’Australie, à part le coté nature, tout se ressemble, aucune originalité, ni dans les buildings, ni dans les paysages, encore moins dans la nourriture, et je ne préfère même pas parler de leurs culture… Les gens ne sont pas vraiment intéressant, au début je pensais franchement qu’ils étaient stupides, mais non, ils se foutent de tout! Ils ont la belle vie alors pourquoi se la compliquer? C’est peut-être eux qui ont raison…
Red a la même opinion, mais elle nous dit que la Tasmanie c’est différent, plus nature, et réellement enrichissant. Ouais, mais la Tasmanie on a pas le temps d’y aller, snif… Entre temps, elle s’est fait une bande potes et ils ont décider de rejoindre Perth par la route (plus ou moins 3000Km) « Ok, ben on se rejoint la bas! »
Nous en profitons pour faire un petit tour sur la « Great Ocean road », la superbe route qui joint Adélaïde à Melbourne, une journée mémorable!

Mai 2008
Puis nous voici à Perth, heureux de découvrir une nouvelle ville (bien qu’elle n’est rien de très changeant…) mais un peu triste, triste car c’est notre point final, dernière étape en l’Australie, et qui dit dernière étape dit retour au boulot! Pas possible de rester 2, voir 3 mois sur place sans gagner sa croûte.
L’arrivée à Perth se fait difficilement, d’abord tout est complet, tout! Pas un lit de libre, même pas en backpacker… Qui dit tout complet, dit beaucoup de monde, donc automatiquement plus dur de trouver un job. On dirait vraiment qu’ils se sont tous donné le mot: « En mai, tous à Perth! »
C’est la misère, nous mettons plus de 4 heures pour trouver une chambre, et une chambre pour UNE seule nuit! Car après elle est deja réservé… Heureusement, merci à la bonne étoile, le lendemain Hihi nous trouve une « Chair house », le lendemain! Une chance, incroyable. À peine installé, Hihi prend contact avec des taïwanais qui sont deja sur place depuis un certain temps, et nous partons à la pêche au boulot. Mais la réalité est bien pire que ce que l’on avait prévu… Aucun jobs, des listes d’attentes interminable, même dans les agences il faut faire la queue… Les connaissances de Hihi nous le confirment, pas de job et ils se demandent encore comment on a fait pour trouver une chair house aussi rapidement, car eux ça fait deux mois qu’ils sont là et qu’ils cherchent, mais rien… Les bars ou restaurant sont submergés de CV, ils ont l'embarras du choix. Les patrons chinois se frottent les mains, car même eux qui payent au lance pierre (genre 4 ou 5€/h) ils trouvent du personnel, normal vaut mieux un peu, que rien du tout!
Pas question de rentrer dans le même circuit que tout le monde, je m’en vais me présenter directement aux compagnies qui me semble correct, je demande à voir le boss et lui brosse le portrait du parfait employé que je pourrais être dans son entreprise (Mouhais…) et vous savez quoi? Trois jours après j’avais mon job! Toujours dans la même branche: magasinier, mais je me fais mes 3000€/mois et c’est tout ce qui compte! Parcontre pour Hihi c’est plus dur, tout simplement car c’est une femme. Trouver des métier « masculin » est bien plus aisé.

Depuis quelques mois deja, je tentais de convaincre ma soeur, Alexia, de venir. Pas pour des vacances (comme au Cambodge) mais comme nous, avec un visa de travail. Elle a tout juste 20 ans, aucune carrière en France, vivant toujours chez « maman » qu’est-ce qu’elle perdrait? Mademoiselle toujours ronchonne: « Non, je ne parles pas anglais, puis j’aime pas être seul… » en voyage on est JAMAIS seul (malheureusement…) et quant à l’anglais, j’ai vu des coréens ou des japonais avoir un job sans pouvoir prononcer une phrase correct! Ayant presque abandonné l’idée, je reçois finalement un email qui me dit (en gros): « J’arrive! », une semaine plus tard la voila enfin, la bouche en coeur, prête à faire ses premiers pas en Australie.

Juin 2008
C’est vrai que son anglais est pauvre, très pauvre… Difficile de lui trouver un job, sauf que, la petite Hihi toujours plein de ressources, la prend sous son aile et lui dégote un boulot dans une ferme! Mademoiselle travaille dans une nurserie (de plantes) où elle a apprit à conduire un tracteur! Ca lui convient (pour l’instant…) et ça ne peut que la faire grandir.
Red nous rejoint enfin, elle a passé trois semaines sur la route et nous sommes ravis de la retrouver. Nous fêtons ça, car bientôt nous allons devoir tous nous séparer. Quand Red finira son visa, il ne restera qu’un mois au mien, et quant à Hihi et Alexia elles resteront de 2 (Hihi) à 6 (Alexia) mois de plus pour faire de l’argent.

Juillet 2008
Voila, ça y est Red est parti, mais Hihi a un boulot, en fait elle en a trois! Deux restaurants japonais et au …MacDonald! Même si elle est parfois fatigué, elle a un bon salaire et ça nous permettra de voyager encore plus longtemps!
Je vais quitter ce pays dans lequel je suis resté presque 14 mois, l’Asie me manque, je n’ai pas particulièrement aimé l’Autralie, même si je pense qu’y passer un mois en vacances peut être très agréable, y vivre l’est beaucoup moins. Ce n’est que mon opinion, je suis plus à la recherche de différente cultures, que de boire des bières… Maintenant, pour celui qui veut monter son entreprise, faire de l’argent, c’est le pays rêvé, je ne sais pas combien de temps cela durera, mais pour l’instant c’est en plein expansion, si vous êtes courageux et volontaire, vous y arriverez, tous le monde a sa chance, vraiment. Ce n’est pas un faux eldorado, sure ça ne vous tombera pas dans les bras, mais ici tout est possible. Où c’est que vous avez vu qu’un français sans diplômes qui parle anglais comme ses pieds (moi…) gagne jusqu’à 5000€/mois, où?! Dans quel pays? J’ai pas chômé, c’est vrai, et parfois je tombais de fatigue, mais le résultat est la. Si vous recherchez l’échange culturel n’allez pas en Australie, si ça vous est égale alors vous pouvez y passer plusieurs mois et même, pourquoi pas, vous y installer.

Je suis prêt à retourner en Asie, sans Hihi qui me rejoindra plus tard, et de nouveau: une page qui se tourne…

Pour voir les photos de l’Australie ICI

Plus de détails dans les news sur l’Australie:
En route pour l’Australie
Trouver un job en Australie… Ma 31eme année… et déjà un an de voyage
Retour à la ville
Crocodile Dundee
Les bateaux « Pearl »
« Jacko »
On a noyé « Jacko »
L’argent toujours reine
La coupe de Melbourne
Le retour de Hihi!!!
Travailler en Australie
Fini les cheveux long
Kangou ou pas kangou, tel est la question
Bonne année!!!
Alerte au… CYCLONE!
National day
L’huile de minuit
Ben et toi, qu’est-ce que tu manges?
Bye bye « boulot »
On tourne (enfin!) la page
Welcome to Cairns
Enfin le soleil!
« Aqualand » version australienne
Sydney et la célèbre « coquille d’oeuf »
Sydney et ses quartiers
L’aquarium et le »Wildlife world » de Sydney
Sydney de nuit
Les galeries d’art de Sydney
Le premier Pâques de Hihi
Adélaide
Kangaroo island
Melbourne
La « Great Ocean Road »
Nous voici à Perth!
Et hop! 2 ans de voyage

 

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